Hollande s'offre une légitimité

Par , le 07 mai 2003 à 08h18 , mis à jour le 16 mai 2003 à 11h38

En recueillant 62% des votes des militants pour sa motion, le Premier secrétaire du PS peut aborder en position de force le congrès de Dijon des 16-18 mai.

hollande 20 heures © INTERNE

François Hollande sort grand vainqueur de la consultation des militants en vue du congrès du parti qui se tiendra à Dijon à la mi-mai. En recueillant 62% des 83 000 votes, sa motion devance largement celle du courant Nouveau Monde d'Henri Emmanuelli et Jean-Luc Mélenchon (16,59%), talonnée par celle du Nouveau PS de Vincent Peillon  et Arnaud Montebourg (16,26%), loin devant le patron de la fédération du Nord Marc Dolez (4,12%) et le petit groupe Utopia (1,04%).

Hier, sa bonhommie sans relief était moquée par ses adversaires et, en coulisses, par certains hiérarques du PS. Aujourd'hui, François Hollande tient sa revanche. Sa victoire nette, sans être écrasante, le rend maître du jeu pour le congrès de Dijon. Sa personnalité a incontestablement plus aux militants, sans doute désireux de tourner la page des psychodrames internes au PS depuis des années. Et ce choix des militants se confirme chez les Français, selon un sondage BVA/Profession politique. Parmi différentes personnalités les mieux à même de diriger le parti, François Hollande arrive en tête (14%), devant Dominique Strauss-Kahn (12%) et Laurent Fabius (12%), talonné par Jack Lang (11%) et Bertrand Delanoë (11%).

Une victoire pour quel projet ?

Toutefois, l'état de l'opinion indique l'ampleur de la tâche du premier secrétaire. Pour 53% des Français, le PS ne dispose pas aujourd'hui d'un projet crédible. Ce qui fait dire ce matin à Vincent Peillon, l'un des chefs de file du NPS, que François Hollande "a le pouvoir", mais que "le pouvoir n'est pas en soi un projet". La question est en effet de savoir comment le chef du PS va faire fructifier sa victoire pour doter son parti d'un projet porteur de victoires futures. Pour l'instant, son score lui permet de gouverner seul après le congrès de Dijon et la fameuse "synthèse" avec les autres motions n'est plus une obligation.

"Je n'ai pas cherché les différences, c'est plutôt les autres qui ont essayé de cultiver les différences, à eux de savoir ce qu'ils ont à faire, moi j'avancerai" avait-il prévenu ces derniers jours. Avec une légitimité enfin acquise et un nouveau poids politique, François Hollande peut en effet tracer la voie. Sous l'œil désormais vigilant des barons du PS.  Ce matin, le premier secrétaire s'est félicité sur RTL de "la participation" à ce scrutin  interne. "Près de 70% des militants, peut-être davantage, ont voté à ce scrutin.  C'est du jamais vu dans aucune formation politique. Cela prouve que le PS veut à  la fois de la clarté, de la cohérence, et de la force". Cette force qu'il entend désormais incarner.  

(Photo d'archives : François Hollande, lors de son passage au 20 heures)

Par Renaud Pila le 07 mai 2003 à 08:18
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