Jamel mis en examen pour témoignage mensonger

Par DjS, le 28 mai 2003 à 09h56 , mis à jour le 28 mai 2003 à 18h04

Le jeune travesti, écroué mardi soir après avoir été présenté au palais de justice de Toulouse, a été mis en examen pour témoignage mensonger. Par ailleurs, Djamel aurait tenté de se suicider en prison, selon une source citée par l'AFP.

Patrice Alègre, plan serré sur les yeux © INTERNE

Le témoignage capital de Jamel, un jeune travesti, n'est-il qu'une fable ? Selon le Parisien, les gendarmes de la cellule homicide 31 en sont persuadés. D'après le quotidien qui cite les enquêteurs, "les 'révélations fracassantes' effectuées la semaine dernière par le jeune homme sur deux chaînes de télévision étaient un tissu de mensonges". 

Information confirmée puisque le jeune homme a été mis en examen pour "dénonciation de crime ou délit imaginaire ayant exposé les autorités judiciaires à d'inutiles recherches" et "témoignage mensonger fait sous serment devant un officier de police judiciaire avec la circonstance qu'il a été commis contre des personnes passibles d'une peine criminelle".

Autre information de la journée, "Djamel" aurait tenté de se suicider mercredi à la maison d'arrêt de Montauban, selon une source sûre mais anonyme citée par l'AFP.

"Brûlées avec des cigarettes"

Selon l'AFP, se fondant sur "une source bien informée", l'accusateur, dont le vrai nom est Pierre-Olivier P., a été écroué mardi soir après avoir été présenté au palais de justice de Toulouse : ses indications concernant des photos compromettantes n'ont mené qu'à de vaines perquisitions. Le Parisien confirme et précise le chef d'accusation probable: "dénonciation de crimes fictifs".

Âgé de 26 ans, bien qu'il prétende n'en avoir que 23, Jamel avait prétendu avoir assisté à des soirées sado-masochistes au cours desquelles il avait vu des filles "brûlées avec des cigarettes" par des notables toulousains. Le jeune homme affirmait même avoir été le témoin du meurtre de certaines d'entre elles.

50.000 euros

En réalité, toujours selon le Parisien, ces révélations télévisées auraient été faites contre la promesse d'une "somme de 50.000 euros, destinée selon le parquet de Toulouse, à financer l'opération chirurgicale de changement de sexe". Qui a promis ? Nul ne le sait.

Le quotidien a aussi découvert que Pierre-Olivier P. a eu pour conseil, dans une affaire de pension alimentaire, Me Florence Hegoburu, l'avocate de Patricia, l'ex-prostituée dont le témoignage a mis en branle toute l'enquête. Bien plus, le parquet aurait établi que l'ex-prostituée et le travesti se sont fréquentés encore récemment. Une brèche dans le dossier ?

         Un troisième magistrat s'insurge

Le substitut général de Toulouse, Jean-Jacques Ignacio, dénonce mercredi dans Libération sa mise en cause dans le dossier Alègre, comme l'avaient déjà fait deux autres magistrats toulousains avant lui ainsi que l'ancien maire de Toulouse, Dominique  Baudis.
"Je n'ai jamais eu la moindre relation que ce soit avec la prostitution, avec des soirées de partouze ou des parties fines, de quelque manière que ce soit", affirme-t-il. Selon lui, "une partie des magistrats mis en cause n'était même pas à Toulouse à l'époque." "La seule chose dont je me souvienne, c'est d'avoir requis le non-lieu dans une affaire annexe à tout ce dossier, il y a fort longtemps", précise-t-il.
Interrogé sur un possible dépaysement de l'affaire, Jean-Jacques Ignacio considère que "cela ne fera qu'alimenter les suspicions". Mais "si on ne le fait pas et qu'on ne trouve rien, ce sera pareil : nous sommes dans un piège", conclut-il.
  

(Photo d'archive : Patrice Alègre)

Par DjS le 28 mai 2003 à 09:56
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