Un premier Teknival légal et jovial

Par Afp, le 02 mai 2003 à 11h51 , mis à jour le 02 mai 2003 à 22h02

Entre 10.000 et 20.000 personnes participent au festival de musique techno Teknival 2003 à Marigny-le-Grand, dans la Marne.

teknival © INTERNE

Les raveurs, venus en nombre, et les autorités présentes au premier festival de musique techno organisé en coordination avec le ministère de l'Intérieur sur l'ancien aérodrome de Marigny, cohabitaient en bonne intelligence. "C'est pas un vrai Tekos (Teknival, ndlr), mais on se marre bien", affirmait un "teufeur", surnommé Kious. La présence discrète des forces de l'ordre tout autour des lieux n'a découragé personne. Les possesseurs de "sons" s'avouaient soulagés de ne pas encourir le risque de se faire confisquer leur matériel. "C'est galère quand ça arrive, ça coûte trop cher. Là on est tranquille avec ça", confiait Jérôme.

Au contraire, la publicité faite à l'événement a attiré une foule, y compris de curieux, qui a dépassé les estimations des organisateurs. 10.000 à 20.000 personnes étaient sur place des les premières heures du Teknival, prévu jusqu'à dimanche soir, et le flot de véhicules était ininterrompu.

A l'intérieur, aucune animosité. Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy était gentiment caricaturé sur une toile blanche. Mais plutôt que de mettre l'accent sur son dialogue avec le mouvement techno, les jeunes "teufeurs" préférent critiquer "l'Etat policier".

Gendarmes et amateurs de techno se sont en fait peu croisés. 330 hommes patrouillaient jeudi soir dans un rayon d'une trentaine de kilomètres autour de l'événement, pour quelques contrôles d'alcoolémie, des inspections de véhicules par des chiens renifleurs, et la régulation de la circulation.

Un mur de paille

Au coeur du Teknival, aucun képi n'est visible, en vertu de l'accord entre organisateurs et autorités. Certains jeunes s'y livrent au trafic d'ecstasy ou de cannabis avec une discrétion toute relative.

Installées dans leur PC sécurité à environ 500 mètres en retrait du Teknival, les autorités (préfecture, gendarmerie, pompiers, Sécurité civile) se sont abritées de la musique derrière un ingénieux mur de paille. Il mesure plus de 3 mètres de haut et étouffe les battements incessants de la techno.

Le folklore des raveurs fait tantôt bondir, tantôt sourire les pompiers qui patrouillent en jeep au milieu de la foule. Ce sont les boutiques d'artisanat, les images psychédéliques projetées sur écrans, les jongleurs de feu, les décors de tags.

"Il faut faire attention, avec leur musique ils n'entendent même pas le bruit du moteur", explique le conducteur. Et encore moins les commentaires qui fusent. "Ah les tronches!", s'exclame un jeune pompier. "Il y a énormément de chiens dangereux, des première catégorie qui se baladent sans muselière. C'est pas du chihuahua", selon un autre. "Ils ont leur mixture dans leur bouteille en plastique. C'est du chargé", affirme un troisième. Il y a ces foules qui arpentent le tarmac, et puis il y a ceux qui dansent. Sur plus d'un kilomètre, les battements se mêlent avec un rythme implacable.

Par Afp le 02 mai 2003 à 11:51
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