Ce que Fillon pourrait lâcher

Par R.P, le 14 mai 2003 à 18h39 , mis à jour le 14 mai 2003 à 21h39

Le ministre des Affaires sociales ne veut pas toucher à la philosophie globale de sa réforme des retraites mais devrait lâcher du lest pour rallier une partie des syndicats.

François Fillon retraites 24 avril 2003 © INTERNE

Avant même que la négociation avec les syndicats ne démarre, le ministre des Affaires sociales François Fillon a prévenu : sa réforme des retraites n'a pas d' "alternative". Le gouvernement n'entend pas changer en effet la philosophie du texte et veut afficher sa fermeté. Il sait toutefois qu'il devra lâcher du lest lors de la réunion de mercredi soir, notamment pour rallier le soutien de la CFDT qui approuve le principe d'une réforme des retraites depuis des années.

Voici les points sur lesquels François Fillon serait prêt à modifier son avant-projet de loi sur les retraites, présenté en Conseil des ministres le 28 mai.

  • La progressivité de la réforme : c'est un point très important du projet. Les syndicats demandent une mise en place progressive de la réforme, particulièrement de la décote, pour ceux qui sont aujourd'hui proches de la retraite. En effet, le fonctionnaire qui n'a pas la durée de cotisations requise pour toucher une retraite à taux plein, à l'âge légal de sa retraite (60 ans pour la majorité d'entre eux) verra le montant de sa pension minoré de 6% par année manquante d'ici à 2013.

  • Le minimum garanti de retraite : le projet présenté fixe à 75% du Smic (533 euros) le niveau des pensions des salariés ayant travaillé toute leur vie au salaire minimum. A la demande d'une partie des syndicats et de certains députés UMP, ce chiffre pourrait être revu à la hausse.

  • Les longues carrières : le gouvernement a expliqué que les salariés qui ont commencé à travailler à l'âge de 14 ou 15 ans et qui ont déjà cotisé 40 ans pourraient partir en retraite à 58 ou 59 ans. Les organisations syndicales réclament que ce dispositif soit élargi aux salariés ayant travaillé dès l'âge de 16 ans.

  • Prise en compte des primes des fonctionnaires : le projet laisse entendre qu'une partie seulement des primes des professions les moins bien payées ou pénibles pourraient être prises en compte dans le calcul des retraites. Les syndicats demandent qu'il intègre massivement les primes. Le ministre de la Fonction publique pourrait mettre en place un "régime additionnel" pour les fonctionnaires avec des cotisations liées à l'intégration des primes. Le caractère obligatoire de ce régime reste en discussion.
Par R.P le 14 mai 2003 à 18:39
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