© ManreoTout en démentant vigoureusement les allégations d'une prostituée qui l'accusait d'avoir "participé à des séances sado-masochistes", le plus haut magistrat de la cour d'appel de Toulouse, le procureur général Jean Volff, avait jugé que sa position au sein du palais de justice devenait "intenable" et qu'il devrait "sans doute" quitter son poste. C'est maintenant chose faite : à l'issue du conseil des ministres, le Garde des Sceaux Dominique Perben a annoncé le remplacement du magistrat par le procureur de la République de Créteil Michel Barrau. Pas question donc de "dépayser" l'enquête.
"Je souhaite que les relations de confiance nécessaires au bon fonctionnement des juridictions soient restaurées à Toulouse et je souhaite qu'il soit clair pour les Français que l'ensemble des magistrats sont des gens dévoués, honnêtes et convaincus de l'importance de leur tâche et c'est la raison pour laquelle je souhaite qu'il n'y ait aucun doute pour qui que ce soit", a commenté le ministre. Cette décision rarissime de la part d'un ministre de la Justice découle de la mission de l'inspection des services judiciaires qui s'est rendue à Toulouse la semaine dernière. D'après certaines indiscrétions, les magistrats auraient conclu à une perte de confiance entre la hiérarchie judiciaire et les enquêteurs.
Eaux troubles
Michel Barrau aura désormais la tâche de superviser le délicat dossier de l'affaire Alègre dans lequel trois personnalités judiciaires toulousaines ont d'ores et déjà révélé que leur nom figure dans l'information judiciaire ouverte le 15 mai "contre Patrice Alègre et tous autres" par le parquet de Toulouse pour "proxénétisme en bande organisée, viols aggravés et complicité, tortures et actes de barbarie et viols sur mineures par personne dépositaire d'une autorité publique".
Le 13 mai, l'ancien substitut toulousain Marc Bourragué, actuellement procureur-adjoint de Montauban, avait, comme M. Volff, nié tout lien avec le milieu de la prostitution. Il avait simplement reconnu avoir bu l'apéritif "fortuitement" avec Patrice Alègre en 1991. Ce matin, encore, le substitut général de Toulouse, Jean-Jacques Ignacio, dénonce à son tour dans Libération sa mise en cause dans le dossier. "Je n'ai jamais eu la moindre relation que ce soit avec la prostitution, avec des soirées de partouze ou des parties fines, de quelque manière que ce soit", affirme-t-il. Enfin, dimanche 18 mai, Dominique Baudis, ancien député-maire de Toulouse et actuel président du CSA, avait surpris tout le monde en révélant sur TF1 avoir également été "cité" par d'anciennes prostituées comme l'un des participants à ces soirées sado-masochistes.
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