© INTERNEPRESENTATION DES 5 MOTIONS EN LISTE AU CONGRES DE DIJON
Les socialistes vont-ils connaître un deuxième "21 avril" lors du Congrès de Dijon (16-18 mai) ? La direction sortante emmenée par François Hollande va-t-elle être balayée par la base militante ? Le "PS d’en haut" contre le PS d’en bas". Rare sont ceux qui se risquent à faire des pronostics mais nombreux sont ceux, hiérarques ou militants, qui lancent aujourd’hui de façon sybilline : "Ce Congrès ne ressemble à aucun autre". Alors que le vote des militants se termine ce soir pour départager les cinq lignes ou "motions", chacun retient son souffle rue de Solférino. De peur que l’issue du vote ne mène le PS à l’impasse, dans tous les cas de figures.
Idéalement, une claque électorale sonne le temps des remises en cause, celle des hommes, celle de l’organisation mais surtout celle des idées. Car c’est bien sur le terrain des idées que l’on retrouve une capacité à convaincre. Sur cet axiome, la plupart des socialistes semblent d’accord. Mais dans les faits, ce congrès, annoncé comme un congrès d’idées s’est transformé en un rendez-vous d’apparatchiks, avec quadrillage classique des fédérations et appel au rassemblement comme unique mot d’ordre. La clarification des idées n’étant plus au programme, le renouvellement des hommes va-t-il servir de pis-aller ? La direction actuelle peut en faire les frais et payer son manque de courage.
Quel projet de gauche en 2003 ?
Car même si les premiers résultats des votes pour le congrès de Dijon donnent François Hollande en position de force, la clarification idéologique semble inévitable à beaucoup de militants qui n'auront pas voulu aggraver la crise du PS en renversant l'actuelle direction. Quelle est aujourd'hui l'essence du socialisme ? Comment reconstruire, sans caricature, un projet de gauche plutôt que de "rassembler les abonnés du Nouvel Obs", selon la plaisanterie qui court dans certaines fédérations ? A cela la lecture des différentes motions n'apporte pas vraiment de réponses.
Alors que François Hollande semble avoir évité un psychodrame à Dijon en faisant appel au vote utile, la question est de savoir désormais quelle va être l'attitude de la future majorité à l'égard d'une opposition qui devrait peser tout de même 40% du parti. Interrogé sur la possibilité de s'associer avec les rénovateurs du Nouveau Parti Socialiste, l'actuel premier secrétaire a déjà indiqué que ce serait "à eux d'en décider parce que ce sera sur la ligne que j'ai présentée, ce ne sera pas sur une autre".
Une manière de déjà fermer la porte à des négociations interminables pour une future synthèse. Une manière peu propice au dialogue et au débat d'idées. Ce qui fait dire au porte-parole de la motion Utopia : "Le risque aujourd'hui est qu'on fasse un congrès comme si rien ne s'était passé" dans les débats socialistes depuis les défaites de 2002.
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