Le week-end en prison pour les chauffards

Par afp, le 31 mai 2003 à 07h00 , mis à jour le 30 mai 2003 à 16h39

Le procureur de la République de Douai va requérir en comparution immédiate des peines de prison très courtes, le week-end, contre "les auteurs de violences routières".

accident voiture drome © INTERNE

"Le conducteur qui est interpellé le vendredi, passe le week-end en prison et reprend sa voiture le lundi, ce n'est plus le même" : Luc Frémiot en est convaincu et en tant que procureur de la République de Douai, il entend bien tenter l’expérience dès la semaine à venir lors des prochaines comparutions immédiates pour violences routières qu’il aura à traiter. "Plutôt qu'une peine de prison avec sursis, ou une suspension de permis qu'on traîne pendant des mois, une peine de prison ferme devrait faire réfléchir, argumente-t-il, tout en précisant que cette sanction ne doit pas dépasser deux jours.

Etude au cas par cas

Ces réquisitions concerneront à partir de la semaine prochaine les conducteurs interpellés après une infraction routière où sera établie la "mise en danger la vie d'autrui", sans accident corporel. Ce délit est passible d'un an de prison et de 15.000 euros d'amende. Luc Frémiot a énuméré comme exemples "un feu rouge passé sciemment, une ligne blanche franchie en haut d'une côte, ou comme je l'ai vu un excès de vitesse à 70 km/h en ville dans une rue étroite où il y a des écoles". "Nous analyserons la situation objectivement, au cas par cas, en entendant les témoins, pour savoir s'il y a mise en danger de la vie d'autrui", a précisé le procureur, en poste depuis janvier à Douai.

Week-end ou RTT ?

La police et la gendarmerie de l'arrondissement judiciaire de Douai mettront  en place une surveillance particulière des routes et des carrefours, notamment ceux où ont eu lieu par le passé plusieurs accidents mortels. Ils interpelleront en flagrant délit les conducteurs les plus dangereux. Le prévenu, après sa garde à vue, sera déféré devant le tribunal  correctionnel de Douai en comparution immédiate. Si le juge suit les réquisitions, il sera condamné à une peine de prison "pendant le week-end ou une  journée de RTT, qui ne pénalisera pas sa vie professionnelle ni sa vie familiale", selon M. Frémiot.

Par afp le 31 mai 2003 à 07:00
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