© INTERNELe procureur de la République de Toulouse dément "formellement" mardi matin les informations publiées hier par le quotidien Le Monde, selon lesquelles les gendarmes avaient trouvé dans une maison de Haute-Garonne, la maison de Noé, des éléments matériels sur des soirées sado-masochistes organisées par le tueur en série Patrice Alègre.
"Après avoir pris connaissance dans un quotidien des soi-disant informations relatives à des découvertes résultant d'investigations qui auraient été menées par les enquêteurs de la gendarmerie dans une propriété située à proximité de Toulouse, le procureur de la République dément formellement les prétendues constatations contenues dans cet article", écrit Michel Bréard Bréard dans un communiqué. Il indique également qu'il "regrette le manque manifeste de recoupements ayant précédé une telle annonce et s'interroge sur les buts poursuivis par la ou les personnes ayant fourni de tels renseignements".
Questions autour d'une maison
Située à une trentaine de kilomètres de Toulouse sur la commune de Mauzac (Haute-Garonne), la maison de Noé aurait été le théâtre de soirées sado-masochistes barbares menées au cours des années 90 par le tueur en série Patrice Alègre. Des "parties" où des "personnalités toulousaines" auraient pris part.
C'est du moins ce que prétendait la semaine dernière une ancienne prostituée appelée "Fanny" dans les colonnes de Libération : "J'ai accompagné ces gens très importants à plusieurs soirées came et cul où on s'envoyait en l'air, avec des partouzes dans les chambres à l'étage supérieur, des trafics de coke et de bijoux, tout était illégal mais plutôt banal", expliquait la jeune femme dans les colonnes de Libération. Dimanche 15 juin sur Canal +, Fanny allait encore plus loin dans ses déclarations, affirmant y avoir vu "des mineurs de 12-13 ans". Une autre ex-prostituée, Patricia, avait déjà à plusieurs reprises évoqué aux enquêteurs l'existence de cette demeure pour ces "soirées spéciales".
Anneaux fixés aux murs
Durant plusieurs jours, les gendarmes en charge de l'enquête auraient examiné la bâtisse et ses environs. A en croire Le Monde daté de mardi, ils seraient parvenus à "reconstituer un maillon important de la chaîne" susceptible de "confirmer les affirmations" des anciennes prostituées.
Le journal indique notamment que "les gendarmes ont découvert dans les murs plusieurs fixations d'anneaux qui auraient été meulés". Fanny et Patricia avaient déclaré que dans cette pièce surnommée la chapelle, des filles étaient attachées à des anneaux fixés aux murs pour y subir des sévices. Le quotidien rapporte également que la nouvelle propriétaire (depuis 1998) a déclaré aux gendarmes qu'elle avait enlevé et jeté des moquettes "de ton gris elles étaient couvertes de tâches brunâtres que la propriétaire a identifié comme du sang séché".
Autopsie
Cette maison était habitée dans les années 90 par un parent du propriétaire de l'époque, l'hôtelier de Noé Henri Masse. Selon un témoignage recueilli directement par Le Monde auprès d'employés de l'hôtel, "à plusieurs reprises des draps ensanglantés avaient été apportés pour être lavés dans la machine de l'établissement". Les vérifications des enquêteurs auraient par ailleurs corroboré la description des lieux faites par les deux jeunes femmes et vérifié qu'un des lacs proche de la maison a été agrandi et recreusé en 1995 "sur l'initiative du propriétaire", un autre étant partiellement comblé. Le Monde ajoute enfin qu'Henri Masse est décédé le mois dernier à 76 ans "d'un traumatisme cérébral". Le journal affirme que son crâne "portait une plaie au côté droit". Le corps devrait être exhumé du cimetière de Noé pour autopsie.
Interrogé par l'AFP, Me Georges Catala, avocat de Fanny, a déclaré : "ces éléments d'information ne figurent pas au dossier que j'ai consulté ce lundi". "Il s'agit d'éléments intéressants à vérifier, si cela est avéré cela montrerait que l'enquête avance, qu'on n'est pas dans une affabulation mais que petit à petit des éléments concrets viennent objectiver les propos des uns et des autres".
Photo AFP : l'entrée du palais de justice de Toulouse.
Retour MYTF1
Chargement en cours...





