© INTERNELa cour d'assises spéciale a examiné mardi le dernier des attentats de 1994 reproché à certains accusés du procès Erignac, commis contre le rectorat de Paris alors que se tenait un dîner secret entre le ministre de l'Intérieur Charles Pasqua et le nationaliste François Santoni. L'action, revendiquée dans un premier temps par le FLNC-Canal historique, avait été l'objet quelques heures plus tard d'un démenti cinglant du même FLNC. Le démenti dénonçait la première revendication, parlant d'une "erreur technique" et de "précipitation".
A l'époque, le FLNC était en négociation secrète avec Charles Pasqua, avait expliqué par la suite François Santoni, assassiné en août 2001, dans un livre publié en 2000 et lors d'un interrogatoire chez le juge d'instruction Gilbert Thiel. Santoni, selon le procès-verbal lu à l'audience, avait expliqué qu'il était alors un "relais" entre les représentants de l'Etat et les mouvements clandestins. Pour preuve de leur bonne volonté, les nationalistes avaient conclu une trêve officieuse : l'engagement qu'aucun attentat ne serait commis à Paris ou ne viserait de bâtiment public en Corse ou sur le continent. "C'est peu dire que cet attentat a été mal ressenti et le ministre a exigé un démenti", avait encore expliqué l'ancien leader nationaliste.
Stéphane Monti nie en bloc
Aujourd'hui, aucun des cinq hommes accusés de cet attentat ne reconnaît y avoir participé. Premier interrogé, Stéphane Monti s'est défendu avec aplomb malgré les tortueuses dénégations de ce "petit soldat du FLNC", comme il s'est parfois présenté. Il est accusé d'avoir participé à trois actions menées en 1994 à Mende (trois attentats à l'explosifs), Nice (interruption d'une épreuve d'agrégation) et Paris (attentat contre le rectorat). Il a toujours reconnu avoir participé seulement à l'opération de Nice et contesté les autres.
Mais là où ses déclarations ont changé, c'est sur le nom de ses complices. Jean Castela, Jean-Philippe Antoloni, Vincent Andriuzzi et Benoît Fustier, a-t-il dit lors de sa garde à vue. Ces quatre hommes sont également jugés par les assises spéciales. Devant la juge d'instruction, il s'est rétracté. Il ne dénonçait plus que Fustier et soutenait que la police l'avait "obligé" à donner les autres noms. Devant la cour, il a affirmé mardi que les policiers l'avaient frappé et avaient tout inventé.
Photo d’ouverture : le "groupe des anonymes" - archives
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