Elf : les avocats de Le Floch plaident la "bienveillance"

Par (avec afp), le 01 juillet 2003 à 14h01 , mis à jour le 01 juillet 2003 à 08h23

Lundi, les conseils de l'ancien PDG du groupe pétrolier ont demandé une peine aménagée pour leur client. C'est aujourd'hui au tour des défenseurs d'Alfred Sirven de s'exprimer.

Elf Loïk Le Floch Prigent © INTERNE

Après les plaidoiries des avocats des co-prévenus, et ceux de Loïk Le Floch-Prigent (photo) lundi, c'est aujourd'hui au tour des défenseurs d'Aldred Sirven, un autre ex-dirigeant d'Elf contre lequel le parquet a réclamé huit ans de prison, de prendre la parole.

Hier, les avocats de Loïk Le Floch-Prigent ont souligné "le chemin parcouru" par un homme longtemps installé dans "une posture de persécuté" dans laquelle il s'était installé "de façon caricaturale", et qui "assume" aujourd'hui ses responsabilités pénales. Réclamant "une autre peine" que les cinq ans requis par le parquet, tout en reconnaissant que la marge de manoeuvre du tribunal n'était "pas considérable", Me William Bourdon a stigmatisé, pour expliquer les "dérapages" de son client, la rencontre entre "les faiblesses" d'un homme et "un contexte". Le contexte, c'est le groupe Elf au début des années 90, le monde "de l'argent roi, de l'argent facile", le monde du "financement politique qui est inscrit dans l'histoire d'Elf (...) et qui agit comme un cancer dans le fonctionnement du groupe pétrolier".

"Déshabillage en public"

Au-delà de ce contexte, les avocats de l'ex-PDG se sont attachés à définir sa place dans cette affaire par rapport aux deux autres principaux prévenus : Alfred Sirven, ancien directeur des "affaires générales", et André Tarallo, ancien "monsieur Afrique". Soulignant qu'il avait trouvé "quelques espoirs" dans un réquisitoire du parquet pourtant "sévère", Me Maurice Lantourne a notamment rappelé que, selon le procureur, il n'y avait "non plus une pyramide mais trois cercles". Soulignant que le tribunal serait contraint "d'arbitrer les subjectivités", Me Bourdon a tenté de démarquer nettement son client par rapport à ces derniers. "Il y a eu un opportunisme systématique de deux hommes (ndlr : Tarallo et Sirven) qui ont su, avec talent (...) exploiter la naïveté infiniment coupable de Loïk Le Floch-Prigent", a-t-il lancé.

Me Bourdon a également demandé au tribunal d'échapper "à tout ce qui rôde et est périphérique au procès". "Il y a des réseaux extrêmement puissants qui ont rôdé dans ce dossier", a-t-il affirmé, estimant qu'ils avaient su "ici ou là, museler, retarder, compliquer la tâche d'un certain nombre de prévenus". "Si je caricature la position du parquet, Loïk Le Floch-Prigent est arrivé avec une bande de voyous pour piller Elf", a pour sa part plaidé Me Lantourne, avant d'inviter le tribunal à ne pas céder "à ce genre de raccourcis". "Est-ce que vous considérez qu'il n'y a aucune circonstance atténuante pour M. Loïk Le Floch-Prigent ?", s'est interrogé l'avocat, stigmatisant "le déshabillage en public et le lynchage" qui constituent "une première sanction".

 

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