© LCIC'était l'événement du 4e salon Emmaüs, qui se tenait dimanche, porte de Versailles à Paris : un défilé de mode, à l'initiative de jeunes stylistes, exposait une collection de vêtements récupérés par les chiffonniers, puis recyclés, transformés et labellisés "Emmaüs".
Etudiant aux Beaux-Arts de Grenoble en 1999, fauché comme les blés, Bertrand Planes a expliqué qu'il avait coutume de s'habiller "chez Emmaüs" et qu'il y a pioché son inspiration. "A Emmaüs, on trouve de tout, des choses atroces et des choses magnifiques, et pour pratiquement rien. Pour moi, c'est passionnant, on a un autre rapport aux vêtements et à la matière, il faut chercher, imaginer des assemblages, c'est la différence entre une friperie classique, où les vêtements sont sélectionnés malgré tout, et Emmaüs qui est une vraie caverne d'Ali Baba", souligne-t-il.
"Emmaüs Everywear"
Griffé - LCI
Poussé par le goût de la récupération et cherchant aussi à réagir au phénomène de marque, il confectionne d'abord une série de tee-shirts originaux "Emmaüs Everywear". Puis, avec quatre jeunes stylistes, il se lance dans la réalisation d'une collection de vêtements, en choisissant la communauté de Chambéry comme lieu d'essai.
Ils disposent des vêtements récoltés par le pôle réinsertion de la communauté et pendant plusieurs mois, les retouchent, les assemblent. Le défilé en novembre 2002 est un succès, et les médias commencent à s'intéresser au jeune créateur à la fibre humanitaire.
Entre 25 et 100 euros
L'Abbé Pierre - LCI
Emmaüs-France, de son côté, qui souhaite développer l'activité textile des compagnons, y voit une façon de valoriser la collecte de vêtements et d'intéresser le grand public. "On se trompe si l'on pense que les vêtements récoltés par Emmaüs sont destinés aux familles démunies, note ainsi Bertrand Planes, le but d'Emmaüs est de vendre ce que les compagnons récupèrent, peu importe qui achète". Les acheteurs d'ailleurs sont de plus en plus souvent issus des classes moyennes et même aisées, remarque-t-on à Emmaüs, et parmi les bobos, il est même de bon ton aujourd'hui de s'habiller chez Emmaüs.
Chaque vêtement coûte seulement de 1 à 4 euros, mais l'ensemble de l'activité textile d'Emmaüs-France représente près de 20% du chiffre d'affaires, c'est-à-dire quelque 40 millions d'euros. Au dernier salon de la porte de Versailles en 2002, le produit de la vente de vêtements s'était élevé à plus de 30.000 euros, soit 10% des recettes. Dimanche, Bertrand Planes et ses quatre complices présentaient une quarantaine de modèles, vendus entre 25 et 100 euros, au profit des activités d'Emmaüs international.
(Images LCI : 3 modèles présentés dimanche)
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