© INTERNEAprès 11 jours de conflit, les Marseillais ne cachaient plus leur ras-le-bol. L'odeur des monticules d'ordures ménagères ajoutée à la chaleur accablante de ces derniers jours rendait l'air irrespirable. Conscient de l'impopularité de la situation, le maire UMP de la ville, Jean-Claude Gaudin, avait demandé à l'armée de faire place nette. En vain. La municipalité est donc passée à la vitesse supérieure en ayant recours à des éboueurs municipaux réquisitionnés.
Vendredi matin, huit bennes ont ainsi commencé le nettoiement des milliers de tonnes de détritus. Leur priorité : dégager les accès à la déchetterie et au centre de transfert sud des ordures ménagères obstrués par les objets encombrants dont certains Marseillais s'étaient débarrassés. D'autres réquisitions pourraient être remises dans la journée à d'autres éboueurs au siège à la Direction de la propreté urbaine. Cependant, la situation devrait rapidement rentrer dans l'ordre car les éboueurs municipaux FO de la ville, majoritaires chez les territoriaux, ont voté en fin de matinée en faveur de la reprise du travail.
Menace de sanctions
A Bordeaux, Alain Juppé (UMP), qui préside la Communauté urbaine de Bordeaux (Cub), a décidé de faire appel à des sociétés privées pour "nettoyer" sa ville. Celles-ci sont intervenues en renfort des personnels non grévistes. "Treize équipes de trois sociétés privées vont venir compléter le travail", a déclaré le maire, considérant la situation "préoccupante sur le plan de l'hygiène". Il a également menacé les grévistes de sanctions. La Cub a déjà fait installer une dizaine de bennes et des personnels municipaux ont été chargés du nettoyage et de la désinfection autour des conteneurs.
Dans les deux cas, à Bordeaux comme à Marseille, les ordures se sont entassées sur les trottoirs de la ville en raison d'une grève contre le projet de réforme des retraites.
Photo (AFP) : Jean-Claude Gaudin et Alain Juppé (
19 mars 2003)
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