© INTERNEIronie de l'histoire : le rapport de l'inspection générale des services judiciaires (IGSJ), dévoilé jeudi, avait été commandé en 2001 par Marylise Lebranchu sur les sollicitations d'Eric de Montgolfier qui avait évoqué de "graves dysfonctionnements" au sein du tribunal de Nice. Mais le travail des magistrats dépêchés par la place Vendôme s'est transformé en boomerang pour le bouillonnant magistrat rendu célèbre en 1993 par l'affaire VA-OM.
L'enquête suggère le départ de Nice de l'emblématique procureur de la République en raison de sa "forte responsabilité" dans "la dégradation de l'état de la juridiction". Ce document de 140 pages, rendu au terme d'une enquête entamée en septembre 2001, préconise aussi les départs du président du TGI de Nice, Hervé Expert, et d'un juge d'instruction "très présent aux côtés du procureur", Philippe Dorcet.
"Il est hors de question que je démissionne, je n'ai commis aucune faute", a répondu Eric de Montgolfier dans une interview publiée vendredi par Le Monde. Interrogé par le quotidien sur les raisons de "l'hostilité" de la Chancellerie à son égard, le procureur répond qu'il n'a pas de "réponse certaine" mais ajoute : "Lorsque j'ai été reçu place Vendôme, on m'a parlé de deux informations judiciaires que j'ai récemment ouvertes : celle sur les marchés truqués de la mairie de Nice et celle pour le viol susceptible d'impliquer Johnny Hallyday. On m'a fait comprendre que ces dossiers agaçaient à la Chancellerie", explique-t-il.
"Le garde des Sceaux souhaite que tu annonces ton départ"
Le procureur de Nice indique avoir eu connaissance du rapport de l'inspection générale des services judiciaires (IGSJ) en avril, alors qu'il avait été "discrètement convoqué à la chancellerie", par le directeur des affaires judiciaires, M. Patrice Davost. "Ensuite M. Davost m'a dit : vu la teneur très négative du rapport, le garde des Sceaux souhaite que tu annonces ton départ. Tu vas être nommé avocat général à Versailles. Autant vous dire que j'ai refusé", précise M. Montgolfier.
Du côté de la place Vendôme, on prône l'apaisement. "Un rapport n'a jamais menacé personne. Il doit au contraire déboucher sur la réorganisation des juridictions, sur la méthode de travail et de fonctionnement du parquet et du tribunal", a assuré Dominique Perben vendredi. Le ministre de la Justice entend "parler calmement, dans les prochains jours" à Paris avec les responsables de la cour d'appel et du tribunal de grande instance de Nice, dont Eric de Montgolfier, "dans une attitude de confiance réciproque, pour voir comment améliorer le fonctionnement de la justice", a-t-il conclu.
Dominique Perben roule pour Lyon |
"C'est Lyon mon projet" : Dominique Perben a profité d'un déplacement dans la capitale des Gaules pour annoncer vendredi sa décision de s'"installer à Lyon et d'y construire une démarche politique" dans la perspective des municipales de 2007. "J'ai envie de revenir", a-t-il expliqué, parlant d'"un choix personnel, familial, de vie". M. Perben a rappelé ses attaches à cette ville où il est né, où il a effectué ses études et commencé sa carrière politique. |
Photo d’ouverture : Eric de Montgolfier - archives
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