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Procès Elf : le dernier acte

Edité par avec
le 02 juin 2003 à 00h00 , mis à jour le 02 juin 2003 à 07h00.
Temps de lecture
3min
Palais de Justice Paris

Crédits : Plurielles

SociétéLe procès Elf reprend ce matin avec les plaidoiries de la partie civile mais l'épreuve la plus rude pour les prévenus débutera demain, avec un réquisitoire qui s'annonce accablant pour eux.

Après onze semaines d'audience, le temps des réquisitions est venu. Le format de l'exercice est à la mesure du procès. quatre membres du parquet vont se relayer pendant deux jours, voire trois (ils diront lundi s'ils souhaitent une journée supplémentaire) pour résumer des milliers de pages de procédures et réclamer des peines pour 37 personnes. Pour les trois principaux prévenus, l'enjeu est de taille. Poursuivi pour abus de biens sociaux, l'ex-PDG d'Elf (de 1989 à 1993) Loïk  Le Floch-Prigent encourt jusqu'à cinq ans de prison. Poursuivis pour complicité et recel d'abus de biens sociaux, ses deux  anciens directeurs Alfred Sirven et André Tarallo, jadis respectivement en charge des affaires générales et des hydrocarbures, risquent 10 ans de prison, l'instruction ayant retenu à leur encontre un recel "aggravé".

Des trois hommes, André Tarallo, ancien "M. Afrique" du groupe, est le seul à n'avoir jamais effectué un seul jour de détention. Alfred Sirven est incarcéré  depuis plus de 27 mois et Loïk Le Floch-Prigent totalisera bientôt dix mois  derrière les barreaux (dont six durant l'instruction).

Les peines réclamées devraient tomber à la fin des réquisitions, c'est à dire vraisemblablement mercredi soir ou jeudi matin. Avant cela, chacun dans leur style et sur différents volets du dossier, les substituts Marie-Christine Daubigney, Catherine Pignon, Valérie Dervieux et Hervé Robert livreront leur lecture de l'affaire Elf, véritable étalage de multiples facettes et possibilités de la délinquance en col blanc.

"Arrêter de se moquer du tribunal !"

On les imagine mal faire preuve de mansuétude : pendant le procès, les quatre parquetiers se sont illustrés par leur pugnacité à l'égard des prévenus, multipliant les questions pénibles, les poussant dans leurs retranchements, souvent avec la complicité du président, Michel Desplan. A plusieurs reprises, leurs propos ont aussi trahi leur agacement à l'égard de ces dirigeants qui vivaient dans un monde au delà des réalités, où l'argent coulait à flots et où l'on confondait sans cesse les biens personnels et ceux de la société pétrolière.

Ainsi lorsque Marie-Christine Daubigney s'est énervé contre Alain Guillon, ancien directeur de la prospection, qui s'illustrait à l'audience par sa morgue et son ton hautain, en lui lançant : "Il y a un moment où il faut arrêter de se moquer du monde et en particulier du tribunal !".

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