© INTERNELe groupe socialiste à l'Assemblée nationale a déposé samedi une motion de censure pour sanctionner la "politique économique et sociale" du gouvernement Raffarin. La motion, qui n'a aucune chance d'être adoptée, devrait être discutée mardi ou mercredi en séance publique, au début de la session extraordinaire du Parlement (notre lien).
Le débat sur les retraites "a été une suite de monologues", "le gouvernement a refusé tous les amendements venant de l'opposition", a regretté samedi matin le premier secrétaire du PS, François Hollande qui défendra la motion. "Nous avons fait notre devoir, nous n'avons pas fait d'obstruction, nous avons fait des propositions : il faut maintenant au terme de cette longue période redonner de la clarification, montrer qu'il y a une autre réforme possible", a expliqué le numéro un socialiste.
"Pas au rendez-vous"
"Le chômage est en hausse, la croissance est en baisse, il y a des déficits tout à fait importants et dangereux, il est temps de dire au gouvernement que ce qu'il nous annonçait il y a un an lors de la déclaration de politique générale, tout cela n'est pas au rendez-vous", a ajouté le député de Corrèze.
Dans son discours d'investiture il y a un an, le Premier ministre avait lui même promis d'engager la responsabilité de son gouvernement devant l'Assemblée avant la fin juin 2003. Mais, au vu du retard accumulé dans le calendrier parlementaire et de la tension sociale, il est probable que cette pormesse ne soit tenue qu'à la rentrée parlementaire, en octobre.
Harmonisation
Hier, l'Assemblée nationale a adopté en première lecture, au terme de la troisième semaine de débats, l'article-clé qui harmonise le régime des fonctionnaires avec celui du secteur privé. Cet article 32 du projet de loi prévoit d'abord l'allongement de la durée de cotisation à 40 annuités d'ici fin 2008, puis l'alignement avec le régime général à 41 annuités en 2012 et, éventuellement, 42 en 2020.
Comme pour les salariés du privé, il instaure en outre progressivement une décote de 5% par annuité manquante et une surcote de 3% par annuité supplémentaire, et il indexe le montant des pensions sur l'évolution des prix au lieu de celle des traitements. Le rythme des débats paraît s'accélérer, tandis que les députés communistes mettent moins d'acharnement à défendre leurs amendements.
(Image LCI : François Hollande)
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