Fondé en 1966 à l'initiative du général de Gaulle, le groupe pétrolier est devenu au fil des ans l'une des premières sociétés françaises par le chiffre d'affaires. Aujourd'hui privée, TotalFinaElf est partie civile au procès. © INTERNEPrévu pour durer trois jours, l'exercice de l'accusation, mené par quatre substituts du procureur qui se relayent, s'achèvera jeudi avec le montant des peines requises contre chacun des trente-sept prévenus.
Parlant la première, Catherine Pignon a rapidement écarté la piste politique d'une partie des fonds détournés, admettant qu'elle avait pu exister - "c'est une réalité qui a pu être observée dans la vie des entreprises" - mais jugeant qu'elle avait surtout ici servi "d'alibi".
A sa suite, Hervé Robert est longuement revenu sur le train de vie hors du commun des accusés, musclant particulièrement ses attaques contre Loïk le Floch-Prigent, Alfred Sirven et André Tarallo, "qui ont marché de concert sur le chemin de l'enrichissement indu". Villa en Corse, bijoux, roseraie ont ainsi été passés à la moulinette.
"Bongo a été abusé"
Après les dépenses personnelles, Hervé Robert s'est attaqué à l'une des principales explications avancées par certains des ex-dirigeants d'Elf, à savoir que leurs étournements étaient destinés à garnir les caisses de leurs "mandants africains", chefs d'Etats ou chefs de guerre. "Les alibis africains ont fleuri comme les coquelicots pendant la belle saison. (...) Le maître, l'expert, celui qui aura montré la voie à bien d'autres, c'est André Tarallo", qui n'a cessé d'invoquer le président du Gabon, Omar Bongo. Sauf que depuis Libreville, le chef d'Etat gabonais s'est attaché pendant le procès à nier par voie de presse chacune des allégations de son ancien ami.
"M. Bongo a été abusé. Comme il l'a dit à Philippe Jaffré (successeur de Le Floch, ndlr), sa bonne foi a été surprise (...) André Tarallo a longtemps pensé que son profil convaincrait la justice de la justesse de sa position. Mais aujourd'hui il n'en est plus rien et le roi est nu" a affirmé le représentant de l'Etat. Parfois les alibis africains de certains prévenus sont apparus si ténus qu'ils sont tombés d'eux-mêmes, a ajouté Hervé Robert, comme celui de Pierre Fa, ex-responsable de l'audit interne de l'entreprise. "Ah l'alibi congolais de Pierre Fa! Là on est au degré zéro de l'alibi, sous la ligne de flottaison. On ne connaît même pas son identité, c'est juste +le Congolais+ !", a-t-il ironisé.
(photo d'archives : l'ancienne tour Elf à la Défense)
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