© INTERNEAprès les semaines de confusion et les "recadrages" de ces derniers jours, le nouveau procureur général de Toulouse Michel Barrau souhaite désormais que les instructions aillent "très vite". Les investigations devraient ainsi se multiplier dans les prochaines semaines, dans chacun des compartiements de l'affaire.
Ainsi, dès ce matin, l'ex-procureur général de la cour d'appel de Toulouse, Jean Volff, a été entendu en tant que partie civile par le juge Thierry Perriquet dans le dossier du travesti surnommé "Djamel", mis en examen pour "témoignage mensonger". Une seconde audition devrait intervenir dans la journée, selon le Figaro, celle de Marc Bourragué, l'ex-substitut du procureur de la République à Toulouse, actuellement procureur adjoint à Montauban. Tout comme celle de Dominique Baudis, la semaine dernière, ces deux auditions doivent permettre d'éliminer les fausses pistes et les éventuels mensonges de l'ex prostituée "Patricia".
Gilbert Collard favorable au dépaysement
En attendant, c'est toujours par médias interposés que les différents acteurs du dossier s'affrontent. Depuis l'entrée en scène de son nouvel avocat, Me Gilbert Collard, la stratégie de Patrice Alègre a changé. Le défenseur du tueur en série réclame de nouveau dans une interview mardi matin à France Soir le dépaysement de l'affaire; sa demande sera officialisée en septembre. "Il me paraît en effet indispensable de sortir de cette sphère d'influence où les autorités judiciaires de la ville même d'où le scandale a jailli, sont amenées à se prononcer sur les innocences et les culpabilités de chacun" explique-t-il.
Dans un entretien au Figaro, le procureur général de Toulouse répond par la négative. "Je ne suis pas favorable à un dépaysement car il risquerait de briser la dynamique de travail qui est enclenchée", estime Michel Barrau en ajoutant que "les juges d'instruction travaillent d'arrache-pied et ont programmé des auditions pour les semaines à venir". "L'affaire Alègre comporte une multitude de procédures. Alors pourquoi devrait-on dépayser un dossier plutôt qu'un autre et selon quels critères", s'interroge le procureur général.
Toujours selon lui, la confrontation jeudi dernier entre Dominique Baudis et un des principaux témoins à charge, "Patricia", "a débouché sur un statu quo". Mais poursuit-il, "elle n'a pas été menée pour rien. Elle a permis de figer une situation". "Il y aura d'autres confrontations, croyez-moi, et personne ne sera préservé dans cette affaire", assure le magistrat. "S'il apparaît que tel ou tel magistrat doit être mis en cause, il ne bénéficiera d'aucun traitement particulier", a-t-il notamment souligné.
Pour sa part, l'avocat de Patrice Alègre "a le sentiment que Baudis n'est pas impliqué, à l'heure actuelle, dans une quelconque infraction ou affaire pénale. Le reste est du ressort de sa vie privée." Au delà du cas du président du CSA, Me Collard estime qu' " il faut sortir des règlements de comptes entre notables".
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