© INTERNEUn additif au cahier des charges sur la création de ces centres diffusé le 25 juin indique que le périmètre du centre "devra être clôturé" et ne comporter "qu'un accès unique actionnable par télécommande", a-t-on appris mardi de source judiciaire. "Les grillages de clôture devront comporter un retour, l'enceinte de clôture sera doublée à l'intérieur d'une haie vive. Un système de barrière infra-rouge sera installé. Des dispositifs de contrôle des mouvements seront également mis en place". "Les fenêtres devront être équipées de système anti-chute et doublées d'un film de protection. Les balcons et les terrasses seront proscrits dans les chambres, ainsi que la proximité de gouttières descendantes", poursuit le texte intitulé "prescriptions relatives aux dispositifs de prévention des fugues".
Le ministre de la Justice Dominique Perben s'était prononcé à la mi-juin pour un renforcement de la sécurité dans les CEF à la suite de la fugue de deux adolescents du centre de Sainte-Eulalie (Gironde). Une nouvelle fugue a eu lieu dimanche soir au CEF de Saint-Denis-le-Thiboult (Seine-Maritime) qui vient de commencer à fonctionner. Ces nouvelles directives n'ont fait que relancer l'ardeur des critiques des centres fermés qui ont suscité une polémique dès le vote sur leur création l'été dernier.
"Camps fortifiés"
"Ces centres vont devenir des camps fortifiés. Il faut enlever le mot éducatif pour ne garder que celui de centres fermés", déclare la présidente du Syndicat de la magistrature (SM, gauche), Evelyne Sire-Marin. "On est de plus en plus dans la coercition physique et de moins en moins dans l'éducatif. Cela ressemble de plus en plus à un régime de semi-liberté. Au bout de six mois, la logique du système apparaît extrêmement clairement, avec l'aspect coercitif qui prend le pas sur l'éducatif". Sur le plan éducatif, l'amendement au cahier des charges recommande "la présence constante d'un encadrant éducatif auprès du mineur, notamment lorsqu'un événement judiciaire, familial ou lié à la vie du centre aura perturbé le jeune".
Promesse électorale du candidat Jacques Chirac à la présidentielle, les CEF doivent théoriquement avoir une capacité d'accueil de 600 places en 2007. Petites structures conçues à l'origine pour huit à dix mineurs, l'additif au cahier des charges a porté ce nombre à 10-15 places pour les futurs centres.
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