© INTERNEAlors que la procédure d'agrément de l'accord sur l'assurance chômage des intermittents est sur les rails, le festival breton des Vieilles charrues, prévu à Carhaix du 18 au 20 juillet, ne veut pas connaître le même sort que ceux d'Aix ou d'Avignon, annulés la semaine dernière. Or, le responsable régional de la CGT du spectacle, avait promis jeudi dernier "d'importantes perturbations". Pour prouver que "le rapport de forces a changé", les organisateurs du festival ont organisé avec succès samedi après-midi une manifestation symbolique. Deux mille à trois mille personnes favorables à la tenue des Vieilles charrues ont formé une chaîne humaine destinée à "protéger le festival". Près de 200 associations de Bretagne avaient appelé à cette action.
Malgré la grève de quatre jours pendant les préparatifs du festival lyrique, les Chorégies d'Orange se sont ouvertes normalement, samedi soir devant quelque 8000 personnes, avec l'Othello de Verdi. Avant le spectacle, des huées appuyées ont salué le bref message du collectif des intermittents, qui soulignait pourtant être "conscients qu'une annulation entraînerait la disparition des Chorégies, association non lucrative et indépendante qui existe grâce à la présence du public".
La réforme en route
Au delà des manifestations, la réforme du système de l'intermittence est maintenant lancée. L'avis du ministère des Affaires sociales, paru samedi au Journal Officiel, précise que "pendant un délai de quinze jours, les organisations professionnelles et toutes personnes intéressées sont priées de faire connaître leurs observations et avis au sujet de l'agrément envisagé". Selon le secrétaire général de la CGT du spectacle, Jean Voirin, opposé à cet accord, il est "vraisemblable" que plus de deux organisations syndicales interviendront. "Techniquement, ça donne un délai d'à peu près trois semaines".
Alors que le conflit se poursuit, la traditionnelle interview télévisée du 14 juillet, lundi, pourrait être l'occasion pour Jacques Chirac de sortir de son silence sur ce dossier. Cinq personnalités, politiques, syndicale et du monde des arts, interpellent d'ailleurs le Président dans Le Monde daté de dimanche-lundi, sur ces réformes. Le réalisateur Pascal Thomas justifie le mouvement actuel des intermittents du spectacle comme "une position éthique face à trente ans de despotisme commercial des télévisions". Le Parti socialiste a lui proposé samedi un moratoire de six mois afin "d'améliorer le système d'assurance chômage des intermittents" et "de résoudre la question du financement de la politique culturelle".
Le directeur artistique du festival d'Avignon, Bernard Faivre d'Arcier, estime dans Sud-Ouest de dimanche que le gouvernement "n'a manifesté aucune sensibilité" dans le dossier. "Certes, tout cela a été très brutal mais je me demande si ce gouvernement croit en quelque chose au niveau culturel", poursuit le directeur du prestigieux festival de théâtre, annulé jeudi. Le Premier ministre, en garantissant la survie financière des festivals et la création d'un "conseil" pour réfléchir sur l'emploi culturel, "n'a apporté que des réponses techniques", a estimé M. Faivre d'Arcier selon qui "les artistes ne cherchent pas à être d'avantage assistés mais, au contraire, à travailler d'avantage". |
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