Le GHB, un produit très "tendance"

Par Philippe MATHON, le 30 juillet 2003 à 06h07 , mis à jour le 29 juillet 2003 à 19h33

Utilisé jadis pour ses vertus antalgiques, ce produit pharmaceutique venu des Etats-Unis est devenu la drogue des violeurs.

ghb boite nuit viol justice © INTERNE

Le gamma-hydroxybutyrate ou GHB, est un composant naturel du métabolisme de l'être humain. Il se trouve concentré en quantité importante dans le cerveau humain, particulièrement dans l'hypothalamus et constitue l'un des éléments essentiels de notre système nerveux.

Lorsqu'en 1961, l'équipe du professeur Henri Laborit parvient à synthétiser le GHB, elle perçoit immédiatement l'intérêt de ses travaux. La molécule possède en effet d'incontestables vertus antalgiques et antidépresseurs. Son utilité dans les traitements de l'insomnie, de la narcolepsie, de l'alcoolisme ou du syndrome de sevrage alcoolique est telle que le produit est alors vendu sans ordonnance en pharmacie. En 1968, conscient du "succès" du GHB pour des consommateurs adeptes de son côté désinhibant, l'Etat fait marche arrière. Le produit n'est plus vendu qu'en pharmacie.

Après être tombé en désuétude, il fait un retour en fanfare dans les salles de musculation à la fin des années 80. Les bodybuilders en raffolent pour ses prétendues propriétés inductrices de l'hormone de croissance. D'autres vantent ses facultés à brûler les graisses. Le GHB est employé dans la composition de nombreux compléments alimentaires.

La "drogue du viol"

Au début des années 90, son usage devient criminel. Des individus utilisent la poudre pour violer. Il leur suffit de dissoudre la substance - incolore et inodore - dans le verre d'une victime pour que celle-ci perde toute volonté et bascule dans un état semblable à l'ébriété. Très utilisé dans les boîtes de nuit, le GHB prend alors des sobriquets nauséabonds : "date rape drug" (drogue du viol) ou "easy lay" (fille facile). Les scientifiques pointent d'autres effets pervers : les victimes sous GHB peuvent signer des chèques ou utiliser leur carte bancaire sans en avoir réellement conscience. On imagine l'ampleur des conséquences. En France, les délits ou crimes commis à l'aide du gamma-hydroxybutyrate sont estimés à une centaine de cas.

Inscrit sur la liste des produits stupéfiants en 1999, le GHB est désormais illicite en dehors des médicaments contenant cette substance prescrits médicalement.

Par Philippe MATHON le 30 juillet 2003 à 06:07
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