Des journées nationalistes sur fond d'attentats

Par , le 01 août 2003 à 07h00 , mis à jour le 02 août 2003 à 21h49

Le traditionnel rendez-vous de Corte a débuté vendredi soir dans climat tendu, avec notamment une reprise des attentats. Quelques heures auparavant, une puissante charge a ainsi détruit une caisse régionale du Crédit Agricole à Ajaccio.

corse manif nationalistes © INTERNE

C'est dans un contexte politique délicat (arrestation de Colonna, lourd verdict au procès Erignac, échec du référendum) que les nationalistes corses ont débuté vendredi soir leur rassemblement à Corte (Haute-Corse), pour leur traditionnel forum estival. Indipendenza et Corsica Nazione ont considéré cette semaine "l'union entre les différents mouvements nationalistes" comme "une priorité", même si les divergences de fond persistent, notamment sur le problème de la clandestinité. Pour "tenter de renouer les fils du dialogue", elles feront des propositions en direction des autres mouvements nationalistes et du gouvernement.

Quelques heures avant l'ouverture de ces journées nationalistes, un attentat avait été perpétré à Ajaccio contre une caisse régionale du Crédit Agricole, sans faire de victime. Dans la nuit de mercredi à jeudi, l'île avait déjà été frappée par une série d'explosions criminelles, confirmant le retour de la violence.

Un geste de Sarkozy 

Le ministre de l'Intérieur a néanmoins fait un geste en direction des nationaliste en répondant positivement à l'une de leurs principales revendications : le regroupement des détenus corses sur l'île. "A ce jour, six Corses condamnés de façon définitive ont été transférés à Borgo. Ce mouvement se poursuivra dès la fin septembre quand des travaux d'aménagement seront achevés à la maison d'arrêt de Borgo", a déclaré Nicolas Sarkozy.

"En principe, si des motifs de sécurité ne l'excluent pas, les condamnés définitifs accomplissent leur peine près de leur famille afin qu'ils puissent préparer leur réinsertion. Ce n'était pas le cas pour les détenus corses", selon le locataire de la place Beauvau. Le comité anti-répression (CAR), proche de Corsica Nazione et d'Indipendenza, avait à plusieurs reprises reproché au gouvernement de ne pas respecter la promesse de regrouper les prisonniers. Il demande notamment un "geste fort" au gouvernement, le rapatriement sur l'ile de Charles Santoni, condamné en 1999 à 28 ans de prison pour l'assassinat d'un policier du RAID.

Face à l'amertume des nationalistes après la victoire du "non" au référendum, Nicolas Sarkozy explique son souci de "ne pas transiger avec le retour de l'Etat de droit" mais affirme qu' "une politique de répression sans mesure est vouée à l'échec". "Je fais la différence entre les nationalistes sincères et les autres, ceux qui terrorisent et qui rackettent. Qui dit nationaliste ne dit pas terroriste. Il ne doit pas y avoir de délit d'opinion. On a le droit de militer", poursuit-il. "Il faut que ceux qui posent des bombes le sachent : ils n'impressionnent pas l'Etat. Ils auront à rendre des comptes", a par ailleurs prévenu le ministre jeudi sur France 3.

Un nouveau préfet pour la Corse

Pierre-René Lemas, 52 ans, a été nommé en conseil des ministres préfet de la Corse, préfet de la Corse-du-Sud. Il était directeur général de l'administration au ministère de l'Intérieur depuis octobre 2000. Quant à l'ancien préfet de Haute-Corse, Eric Delzant, qui avait été sanctionné après des incidents lors d'une visite en juin à Bastia du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin et du ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, il a été nommé préfet de l'Ariège.

Par Renaud Pila le 01 août 2003 à 07:00
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