Perben ajuste le profil des profileurs

Par P.M. (Avec AFP), le 30 juillet 2003 à 18h17 , mis à jour le 30 juillet 2003 à 19h11

Le ministre de la Justice souhaite clarifier le rôle de ces psycho-criminologues spécialisés dans l'identification des tueurs en série.

scène de crime profiler serial killer © INTERNE

Tenir compte des "nouvelles disciplines" sans tomber dans le "psychologisme de pacotille" : c'est le but poursuivi par le garde des Sceaux, Dominique Perben, au moment où une nouvelle profession, les profileurs, connaît ses balbutiements dans les affaires judiciaires françaises. Mercredi, le ministre s'est vu remettre un rapport examinant à la loupe l'activité de ces psycho-criminologues spécialisés dans l'identification des tueurs en série et popularisés par de nombreux films ou séries télévisées.

Avant de faire rentrer ces professionnels par la "grande porte", Dominique Perben souhaite "organiser et encadrer" leur activité. En effet, par deux fois, en novembre 2001 et en janvier 2003, la cour de cassation a annulé des procédures criminelles dans des affaires où un juge d'instruction avait eu recours aux services de psycho-criminologues. Pour éviter de tels déboires, le rapport propose que tout travail d'analyse comportementale "donne lieu à un rapport écrit joint à la procédure, afin de respecter le principe de la procédure contradictoire et de préserver les droits de la défense" qui pourra alors le contester. Autre proposition approuvée par le ministre : les profileurs devront être des officiers de police judiciaire, leurs procès verbaux pouvant alors figurer dans la procédure et donc être librement consultés par la défense.

Recours restreint

Concernant la formation, le ministre a souhaité que les écoles de la magistrature, de la police et de la gendarmerie "s'ouvrent à ces nouvelles disciplines". Chez les gendarmes, un premier binôme enquêteur-profileur travaille depuis un an et deux autres sont actuellement en formation. Dans la police, une trentaine de personnes sont déjà spécialisées dans l'analyse criminelle, une technique qui permet de reconstituer des itinéraires, des emplois du temps, de retrouver des conversations téléphoniques grâce à l'emploi d'un logiciel qui met en relation des milliers d'informations.

Jean-Claude Marin, le directeur des Affaires criminelles et des grâces, a dirigé le groupe de travail composé de policiers, gendarmes et de magistrats. Selon lui, le profilage doit intervenir "dans la recherche d'une personne inconnue ou en cas d'interpellation d'un suspect pour que des questions lui soient posées en rapport avec un profil psychologique pressenti". En revanche, dit-il, lorsque le suspect est mis en examen, ces nouvelles techniques "doivent céder le pas aux outils classiques". "Pas question de s'amuser à lancer une analyse comportementale pour arriver à faire coller le profil du mis en examen", explique une avocate, membre du groupe de travail.

Photo AFP : une enquête de police, le 27 novembre 2002 à Tours.

Par P.M. (Avec AFP) le 30 juillet 2003 à 18:17
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