Fondé en 1966 à l'initiative du général de Gaulle, le groupe pétrolier est devenu au fil des ans l'une des premières sociétés françaises par le chiffre d'affaires. Aujourd'hui privée, TotalFinaElf est partie civile au procès. © INTERNEAprès presque quatre mois de débats, le procès Elf s'est achevé ce lundi avec la prise de parole des conseils d'André Tarallo, l'un des trois principaux co-prévenus, surnommé le "Monsieur Afrique" de la société. Sans surprise, ils ont demandé la relaxe de leur client, dressant de lui le portrait d'un "homme d'Etat" qui n'a cherché qu'à défendre "l'intérêt de son pays" et s'est révélé "indispensable" aux relations franco-africaines.
Après leurs plaidoiries, le président a appelé André Guelfi à la barre. "Dédé la sardine" avait en effet exprimé le désir de faire une ultime déclaration, tout comme l'ancien directeur du raffinage-distribution, Alain Guillon. "Je ne suis pas un saint mais je n'ai jamais fait quelque chose qui mérite la prison" a notamment déclaré André Guelfi. A la suite de cette ultime prise de parole, le tribunal a indiqué qu'il rendrait son jugement le 12 novembre.
Public nombreux pour la dernière audience
Pour cette dernière journée, la majorité des 37 prévenus étaient présents, mais également leurs avocats, ainsi qu'un public nombreux venu assister à la fin d'un procès-fleuve, dans une affaire qui porte sur le détournement des caisses du groupe pétrolier de plusieurs centaines de millions d'euros.
Les débats ont notamment permis de reconstituer la fresque d'une incroyable dérive au sein de la société au début des années 90 dans un monde d'éblouissement et d'argent facile où "les maisons se transformaient forcément en palais". Le tribunal correctionnel de Paris a ainsi examiné un à un les flux financiers qui ont transité par une myriade de comptes bancaires en Suisse, au Liechtenstein ou au Luxembourg pour un montant total de détournements évalué à deux milliards de francs.
(photo d'archives)
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