Référendum en Corse : les réactions

Par PK, le 06 juillet 2003 à 21h00 , mis à jour le 07 juillet 2003 à 15h29

Voici les principales réactions au résultat du scrutin de dimanche sur le statut de la Corse.

raffarin resultat corse © INTERNE
  • Ceux qui étaient pour le "oui"

- "Les Corses n'ont pas donné leur accord au projet de réorganisation des institutions de leur collectivité. Je le regrette", a déclaré Jacques Chirac. "L'avenir de l'île dépend de la solidarité de la Nation et de la détermination de l'Etat à faire face à toutes les formes de violence. L'une et l'autre lui sont acquises", a assuré le chef de l'Etat.

- Le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a déclaré que "les Corses ont choisi le statu quo" et que "leur choix sera respecté". M. Raffarin a salué "l'exceptionnel taux de participation" à la consultation en Corse, ce qui confirme, selon lui, "l'intérêt des citoyens pour le référendum régional"

- La victoire du "non", "est un échec pour moi", a déclaré le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy. Ma "priorité" en Corse, sera "d'assurer la sécurité de l'île et la paix publique" car "le temps de l'impunité est révolu". Le "débat statutaire est terminé en Corse".

- Jean-Guy Talamoni, porte-parole de Corsica Nazione, a estimé que l'arrestation d'Yvan Colonna, le tueur présumé du préfet Claude Erignac, avait fait perdre "beaucoup de soutien" au camp du "oui". "Si à Paris, on voulait que le non l'emporte, on ne s'y serait pas pris autrement", a déclaré M. Talamoni. "Nous avons à poursuivre notre travail, chercher à convaincre Paris d'arrêter avec une certaine logique policière", a-t-il ajouté.

- Le Parti socialiste a estimé "dommage qu'une réforme institutionnelle, lancée par Lionel Jospin et reprise par Jean-Pierre Raffarin, ait été ainsi gâchée"."C'est le gouvernement qui en porte la responsabilité. Cet échec est le sien", a déclaré la porte-parole du PS Annick Lepetit. Le PS "avait prévenu depuis plusieurs semaines que le gouvernement prenait un risque sérieux en organisant le référendum à cette date et dans ces conditions".

- François Hollande a estimé que la victoire du non était "dommage mais compréhensible". M. Hollande souligne que "l'échec du référendum ne doit pas être un échec pour la Corse, c'est d'abord la sanction d'une utilisation politicienne de la consultation et d'une méthode (...) qui a préféré la précipitation et même dans la dernière période, la personnalisation du scrutin".

- Jack Lang, le seul responsable socialiste à s'être rendu en Corse pour faire campagne en faveur du "oui", a déploré la "politisation abusive de la campagne" qui a conduit les électeurs "à faire de ce vote un vote sanction".

- Le président du groupe nationaliste Corsica nazione Paul Quastana a déclaré que la victoire du non était "la victoire de l'archaïsme" et de "tous ceux qui refusent de perdre leur petite parcelle de pouvoir au profit de l'interêt général".

- Le député-maire divers gauche d'Ajaccio Simon Renucci s'est déclaré "déçu", avec "un profond sentiment d'injustice". Cette réforme aurait donné beaucoup de choses à la Corse".

  • Ceux qui étaient pour le "non"

- Le député-maire PRG de Bastia, Emile Zuccarelli a exprimé son "immense satisfaction" et sa "reconnaissance" aux électeurs corses. La population corse "majoritairement a refusé de plier le genou, a refusé de se laisser séduire par des arguments mauvais, sonnants et trébuchants".Les Corses ont exprimé "leur volonté de vivre dans le cadre républicain, sans plus jamais se voir imposer quoi que ce soit, au prétexte que cela pourrait satisfaire ou calmer les poseurs de bombes".

- Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF, a estimé que "les Corses viennent d'infliger une motion de censure populaire au gouvernement". Se disant "soulagée et heureuse" de la victoire du non au référendum en Corse, la numéro un du PCF a affirmé que "malgré de nombreuses pressions et de multiples promesses, le gouvernement s'est cassé les dents contre un front de résistance à sa politique". "Ce scrutin, a conclu Mme Buffet, montre qu'il existe en France une résistance importante à la politique libérale de Jean-Pierre Raffarin".

- Jean-Pierre Chevènement a déclaré que la victoire du "non" constituait "un échec pour les indépendantistes, pour le gouvernement et pour le PS" et "une victoire des Républicains". "la Corse a exprimé son refus d'un rafistolage institutionnel". "Le gouvernement y regardera désormais à deux fois avant d'improviser un référendum local", a-t-il dit."Ni la Corse ni la France ne veulent être découpées en une multitude de baronnies. La Corse comme la France demandent qu'on leur donne une claire perspective républicaine", a conclu l'ancien ministre.

- Jean-Marie Le Pen a estimé que "les Corses ne se sont pas laissé prendre à la trop miraculeuse capture d'Yvan Colonna". En votant "non", "les Corses ont renvoyé M. Sarkozy dans les cordes usées de sa politique-spectacle et ils ont fait la sourde oreille aux boniments soi-disant décentralisateurs de M. Raffarin". Les électeurs ont également "sanctionné un référendum dont le caractère antidémocratique était patent, notamment par l'exclusion du Front National de la campagne".

(Photo ouverture : J-P Raffarin) 

Par PK le 06 juillet 2003 à 21:00
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