© INTERNELe 23 juillet, la 16e étape du Tour de France du centenaire partira de Pau pour rejoindre Bayonne. Le tracé, grand classique de l'épreuve, empruntera donc les routes du Pays Basque. Dans le cadre de sa volonté de promotion culturelle des régions traversées, la direction avait passé un accord avec Batasuna. Il prévoyait notamment que l'étape soit bilingue, avec un speaker bascophone aux côtés du speaker officiel et des éléments de signalétique en euskera. Et surtout la distribution d'un communiqué portant sur les revendications en faveur de la langue basque, à condition que le texte soit rédigé en termes mesurés.
Or si Batasuna, branche politique de l'ETA, est légale en France en tant qu'association loi de 1901, ses activités sont interdites de l'autre côté des Pyrénées. Le parti a même été placé le 6 juin sur la liste des mouvements terroristes de l'Union européenne, après celle des Etats-Unis début mai.
"Grande émotion"
Madrid a donc exprimé sa colère et a demandé l'annulation de l'accord. "En Espagne, Batasuna est un parti politique déclaré illégal par les tribunaux de justice" expliquait le porte-parole du gouvernement, en soulignant que rien ne s'opposait, "au contraire" à l'utilisation lors de l'étape de l'euskera, "langue officielle sur une partie du territoire espagnol".
Dès samedi, Jean-Marie Leblanc avait souligné qu'il n'avait jamais "été question d'un accord avec Batasuna". "Nous nous sommes seulement entendus avec deux associations (ndlr : Euskal Herrian Euskarraz et Batasuna) pour que la langue basque soit représentée à Bayonne" expliquait-il en affirmant être prêt "à un geste d'apaisement, qui consiste à revenir sur cet accord". La décision est finalement intervenue lundi soir : compte tenu de la "grande émotion provoquée en Espagne", la direction du Tour a décidé de "considérer nulles et non avenues" les dispositions de l'accord.
(photo d'archives : une manifestation de Batasuna en Espagne)
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