Les "vibes" du roi Solomon

Par Christophe Abric et Léonard Vincent, le 01 juillet 2003 à 15h31 , mis à jour le 01 juillet 2003 à 15h39

Le "roi de la soul" Solomon Burke, créateur du "Everybody needs somebody", a enflammé le théâtre antique de Vienne au troisième jour du festival de jazz.

Salomon © INTERNE

Son trône est vide, deux douzaines de roses à chaque pied, sa dizaine de musiciens ont déjà lancé le groove mais, des coulisses, le roi chante déjà. Solomon Burke est entré en scène, à la nuit tombée, un manteau d'hermine posé sur ses épaules, coiffé d'un méchant petit feutre noir et soutenu par une canne de souverain d'Afrique. À l'image de cette arrivée digne d'un pape, la troisième soirée menée par le roi de la Soul à Jazz à Vienne était une cérémonie extravagante, débordant avec jubilation du cadre policé des soirées jazzy des festivals d'été.

Énorme, mégalomane et hilare, Solomon Burke a enchaîné les titres comme le pasteur qu'il est enchaîne les sermons dans son église de Californie. Sa dizaine de musiciens en smokings noirs était réglée comme la mécanique d'une joyeuse locomotive kitsch, s'accordant avec déférence à ses caprices et à ses improvisations. Car l'heure et demie que Solomon Burke a passé sur son trône doré posé à l'avant-scène, il l'avait conçue comme un séance de communion avec un public immédiatement conquis par l'esprit du show. Il réglait sa performance sur les enthousiasmes des 3.000 spectateurs venus peu à peu se masser contre l'avant-scène.

En chantant, l'homme pour qui le mot "Soul" a été inventé faisait distribuer des roses aux femmes tassées dans l'orchestre d'un Théâtre antique trempé par un orage soudain, mais bref. Il fit ensuite monter une partie du public sur scène, tendant son micro à des trentenaires enthousiastes, invitant les jeunes femmes à danser avec ses choristes, enchaînant les tubes sans s'accorder la moindre pause. C'est par son tube qu'il conclut sa prestation, par la chanson qu'il popularisa le premier : "Everybody needs somebody"

Une fois sorti de scène, le roi Solomon recevait quelques fidèles et de rares journalistes derrière la scène, assis sur une chaise roulante, une serviette sur la tête comme un vieux boxeur après son dernier K.O.

Solomon Burke se produira au festival Blues Passion de Cognac le 26 juillet, et au Nice Jazz Festival le 27 juillet.

Par Christophe Abric et Léonard Vincent le 01 juillet 2003 à 15:31
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