© INTERNELa polémique sur l'ampleur de la canicule qui a frappé la France au cours du mois d'août n'est pas prête de s'éteindre. En début d'après-midi, mercredi, la direction des Pompes funèbres générales (PGF), leader français des services funéraires, a rendu public une estimation qui donne le vertige. Selon elle, 10. 400 décès supplémentaires ont eu lieu en France pour les trois premières semaines d'août, par rapport aux mêmes périodes des années précédentes. Pour Patrick Pelloux, médecin urgentiste qui fut le premier à tirer le signal d'alarme, "si les chiffres des PFG s'avèrent exacts, c'est une catastrophe humanitaire, une crise majeure de notre pays".
Du 1er au 18 août, les 976 antennes des PGF de l'Hexagone ont recensé 2.604 décès supplémentaires. Rapportés à ses 25% de parts du marché en France (40 % en Ile-de-France), l'entreprise arrive donc à ce chiffre de 10. 400 nombre de victimes supplémentaires. La projection sur le mois entier aboutit à 13. 632 morts supplémentaires, dont 3. 425 pour la région parisienne, selon les PGF.
"En hiver ou en été, on a toujours des pics de mortalité, mais de cette ampleur, c'est exceptionnel", affirme Isabelle Dubois-Costes, directrice de la communication des PGF, interrogée par tf1.fr. Les chiffres communiqués par cette société sont considérés habituellement comme fiables, d'autant que la plupart des familles déclarent aux entreprises funéraires la mort de leur proche avant même d'en aviser l'état civil. "Nous sommes la seule entreprise du secteur à disposer de ce type d'éléments que nous donnons aux pouvoirs publics", note Mme Dubois-Costes. Durant la canicule, dit-elle, les PFG ont travaillé, "comme d'habitude", avec "tous les ministères" et notamment l'Institut national de veille sanitaire (INVS) qui leur a "demandé les chiffres en détails" dès le début de la semaine du 6 au 12 août. Ce même institut dont le directeur affirmait, le 19 août, qu'il "n'avait pas vu venir à temps la catastrophe". Mais Isabelle Dubois-Costes affirme ne pas vouloir "rentrer dans la polémique, surtout pas avec les pouvoirs publiques".
Double étude
Jean-Pierre Raffarin a immédiatement appelé à "la prudence" quant aux "estimations et projections diverses", tandis que le ministère de la Santé mandatait, à la demande du Premier ministre, deux experts de l'Inserm pour une "mission d'estimation de la mortalité liée à la canicule" dont les premières conclusions seront rendues d'ici à un mois. "Seule une étude scientifique" menée actuellement "permettra d'avoir des données fiables", disait-on au ministère. Il y aura donc deux études chargées de faire la lumière sur ce drame, le bilan provisoire de l'INVS étant attendu pour la fin du mois d'août.
Avant même la publication de ces travaux, la Confédération médicale hospitalière (CMH, syndicat majoritaire chez les médecins hospitaliers) a jugé "plausibles" les estimations des pompes funèbres, son président estimant à "environ 4.500 à 6.000" les morts dans les seuls hôpitaux. Une évaluation elle aussi alarmante lorsque l'on se rappelle les propos du ministre de la Santé. Lundi, Jean-François Mattei estimait que "72% des décès sont survenus en dehors de l'hôpital".
Des chiffres inquiétants Voilà le détail des organisations d'obsèques mises en place par les Pompes funèbres générales du 13 au 19 août 2003 à travers la France (comparaison avec l'an dernier à la même époque) : Sud-Ouest : + 44 % d'organisation d'obsèques supplémentaires |
Pompes funèbres : il faudra un diplôme dès 2013
Les employés et dirigeants d'entreprises de pompes funèbres devront, à partir de l'année prochaine, obtenir un diplôme validant, entre autre, des connaissances en "psychologie et sociologie du deuil", selon un décret paru jeudi au Journal Officiel.
Publié le 04/05/2012
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