Canicule : "faire la lumière" sur les responsabilités politiques

Par DjS avec AFP, le 24 septembre 2003 à 14h32 , mis à jour le 24 septembre 2003 à 18h41

Une commission d'enquête parlementaire entendra publiquement notamment les ministres de la Santé, des Affaires sociales et de l'Intérieur. Un rapport de 11 députés rendu public mercredi préconise la création d'une 5e branche "dépendance" de la Sécu.

retraites mains cannes © INTERNE

Après la mission parlementaire qui rendait mercredi matin son rapport sur la canicule, voici la commission d'enquête. Décidée à l'unanimité par la commission des Affaires sociales de l'Assemblée, elle devra à partir du 7 octobre prochain et pendant six mois, "faire toute la lumière" sur les éventuelles responsabilités politiques.

Seront entendus publiquement les ministres Jean-François Mattei (Santé), François Fillon (Affaires sociales) et Nicolas Sarkozy (Intérieur), le seul à n'avoir pas été auditionné par la mission d'information. Dans son rapport, cette dernière épingle la "société qui a détourné son regard de ses personnes âgées" mais surtout les "administrations qui n'ont su ni anticiper, ni alerter rapidement" : la Direction générale de la Santé "ne s'est apparemment pas mobilisée lourdement" et l'Institut national de veille sanitaire est jugé "hors jeu".

Service minimum

Parmi "35 pistes" d'action, les auteurs du rapport demandent le déblocage rapide des premiers crédits d'urgence pour les maisons de retraites affectées par la crise sanitaire. Quarante millions d'euros ont été promis par le ministre des Affaires sociales. La mission plaide pour un "dispositif canicule" à Météo France et une meilleure "détection statistique des situations sanitaires anormales", notamment par l'informatisation des certificats de décès.

Après avoir auditionné un cinquantaine de responsables, la mission souhaite que le plan d'urgence, dit "plan blanc", devienne légalement "contraignant pour l'ensemble des professionnels de santé". Les parlementaires évoquent aussi "un service minimum" assuré par les médecins libéraux, le SAMU et les services des urgences.

Cinquième branche

Plus prosaïquement, ils suggèrent de rendre obligatoire, dans chaque établissement accueillant des personnes âgées, "une pièce dotée de la climatisation" et "une permanence de nuit en personnel habilité à dispenser des soins".

Dans ces conditions, il faut des "réponses structurelles", qui seront nécessairement "coûteuses", soulignent les onze députés qui réclament "un financement suffisant et pérenne". Pour cela, ils se prononcent en faveur du lancement d'une "concertation nationale en vue de l'instauration d'une nouvelle branche de sécurité sociale", gérée par l'Assurance maladie ou l'assurance vieillesse.

Par DjS avec AFP le 24 septembre 2003 à 14:32
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