© INTERNELes vitres de sa voiture ont volé en éclat. Sept impacts de balles relevés sur la carrosserie, selon les enquêteurs. Le moins que l'on puisse dire est que le séjour corse de Christine Clerc n'était pas du goût de tous.
A 08h45, vendredi matin, le maire de Tolla (Corse-du-Sud) est venu frapper à la porte de la maison des hôtes de la journaliste du Figaro, dans ce petit village situé à l'est d'Ajaccio. Entouré de gendarmes, il a informé la journaliste que, durant la nuit, son véhicule venait d'être la cible d'un mitraillage. La section antiterroriste du Parquet de Paris a été saisie vendredi soir.
"Faut-il renoncer à relater les faits qu'on a vus ?"
Choquée, la journaliste n'a pourtant pas l'intention de céder à l'intimidation. "Il est évident que c'est mon article qui a tout déclenché. Mais faut-il renoncer à relater les faits qu'on a vus, renoncer à toute liberté de la presse, parce qu'on est en Corse ?", s'interroge-t-elle vendredi sur l'antenne de RTL, où elle officie en tant que chroniqueuse.
Les origines de ce mitraillage remontent au 1er septembre, date à laquelle Christine Clerc publie dans les colonnes du Figaro un article intitulé "Eteins le feu et tire-toi!". Elle y relate une scène à laquelle elle a assisté quelques jours auparavant dans ce petit village de Tolla : un homme et une femme en larmes près d'un camion de déménagement. Information prise, il s'agit d'un policier originaire de Sedan (Ardennes) muté depuis quelques mois en Corse et effondré par le plasticage de sa Peugeot 205. Trop de pressions, trop d'intimidations. Le couple a décidé de retourner sur le continent. "Cette scène m'a semblé exemplaire de ce qui se passe actuellement en Corse", explique aujourd'hui la journaliste. Le jour de la publication de son article, Christine Clerc avait reçu ce qu'elle appelle "un avertissement". Un 4X4 barrait le chemin de la maison de ses amis. Sur le véhicule, une grosse affiche : son papier du Figaro "agrandi dix fois".
La direction du quotidien de la rue du Louvre envisage de porter plainte. D'après Jean de Belot, son directeur de la rédaction, c'est la position du journal pour "le respect de l'état de droit en Corse qui a déplu à beaucoup de personnes".
Photo AFP : Christine Clerc.
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