© INTERNEUn trafic d'armes, notamment de guerre, a été démantelé cette semaine en Seine-Saint-Denis avec, comme dernier rebondissement, la découverte mercredi de l'atelier où le chef du réseau usinait et remilitarisait ses "produits". Il s'agissait d'une maison individuelle, dont les occupants sous-louaient une partie des dépendances à l'homme soupçonné d'être à la tête du trafic. Les occupants de la maison ont été laissés en liberté. L'atelier comportait de nombreuses machines-outils servant à la transformation des armes et les policiers y ont découvert beaucoup de pièces servant à ces transformations.
Tout a commencé le week-end dernier porte de Montreuil, lorsque la Sûreté départementale de Seine-Saint-Denis, qui enquête depuis plusieurs semaines sur un trafic d'armes susceptible d'alimenter les cités sensibles de la région parisienne, interpelle cinq personnes: un ressortissant bosniaque, chef de la bande, et son épouse monténégrine, ainsi qu'un autre Bosniaque, un Serbe et un Français d'origine yougoslave. Des dizaines d'armes sont découvertes à l'occasion de cette "saisie exceptionnelle", selon une source policière : pistolets automatiques munis de silencieux, pistolets mitrailleurs, carabines semi-automatiques, plusieurs milliers de cartouches, chargeurs, grenades, détonateurs et plus d'un kg de substance explosive.
Rien sur les "clients"
Mardi, les cinq interpellés ont été mis en examen pour "association de malfaiteurs", "acquisition, détention, transport et cession d'armes". Mercredi, trois des trafiquants présumés, dont le chef de la bande, ont été placés en détention provisoire, tandis que deux autres complices - l'épouse du chef et le Bosniaque de 31 ans - ont été remis en liberté sous contrôle judiciaire.
Une source policière a expliqué que le trafic comportait deux activités distinctes. D'un côté, la bande revendait des armes et explosifs neufs, "sortant presque de l'usine". D'un autre côté, le chef de la bande, connu pour ses compétences pointues en matière d'usinage d'armement, remettait en état de marche des armes de guerre démilitarisées ou les améliorait. Selon la même source, "cet homme est un ancien militaire qui a déserté avant la guerre en Yougoslavie. C'est un technicien d'une grande habileté, capable de réparer, remilitariser et même fabriquer toutes sortes d'armes".
Interrogé par les enquêteurs, l'homme a affirmé vendre des armes depuis un an mais uniquement des engins démilitarisés. Il a nié avoir vendu des armes en état de fonctionner. La police n'a aujourd'hui quasiment aucune indication sur les acheteurs de ces armes.
Photo d’ouverture : une partie de l’arsenal saisi par les policiers - DR
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