© PluriellesFlorian Schekler, de son vrai nom Jean-Florian Trouchaud, a été arrêté en février 2003 avant qu'il ne mène son projet à bien : se donner la mort en se faisant exploser à la grande mosquée de Paris un vendredi, jour de la prière, pour démontrer que les kamikazes islamistes n'ont pas le monopole de ce type d'action. Poursuivi pour "infraction à la législation sur les explosifs et menaces de commettre une destruction avec l'objectif de troubler gravement l'ordre public par l'intimidation ou la terreur", ce jeune homme de 30 ans risque théoriquement jusqu'à sept ans de prison. Une peine de quatre ans d'emprisonnement dont deux ferme a été requise mercredi à son encontre.
Dans le box des accusés, le jeune homme a tenté de convaincre le tribunal que son projet d'attentat-suicide n'était en fait que "quatre mois de folie" sous l'emprise de l'alcool, des médicaments et d'une forte dépression et qu'il ne serait jamais passé à l'acte. "Je regrette toutes ces élucubrations", a-t-il déclaré, sans convaincre le procureur qui a vu en lui un "terroriste".
"Une haine féroce" des étrangers
Florian Schekler a "élaboré un plan d'action et s'est donné les moyens" de l'accomplir en fabriquant un explosif, animé "par une haine féroce" des Arabes, a souligné le magistrat. "Quatre ans pour un appel au secours, je n'aurais jamais cru que vous pourriez considérer Florian Schekler comme un terroriste", s'est exclamé son avocate, Sophie Soria, accusant le tribunal d'avoir fait le procès de l'extrême droite.
Le tribunal a mis son jugement en délibéré au 24 septembre.
Selon les enquêteurs, le jeune comptable était un admirateur des nazis, très proche des milieux catholiques intégristes, des groupes skinheads et adhéra brièvement au Front national. Antisémite, il ressort aussi de ses déclarations qu'il entretenait également une haine farouche à l'égard des musulmans.
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