© INTERNEEn 2002, près d'un quart des personnes incarcérées l'étaient à la suite de viols et/ou d'agressions sexuelles. En 1980, la proportion n'était que de 9%. Certes, reconnaît le ministre dans un entretien paru mardi dans Le Parisien, "on a davantage connaissance des infractions sexuelles aujourd'hui". Mais ce n'est pas la seule explication. "Certains individus profitent de l'anonymat [de notre société] pour commettre des crimes et des délits sexuels", dénonce Dominique Perben.
Pour endiguer le phénomène, le garde des sceaux propose d'une part un meilleur "suivi médico-psychiatrique" et d'autre part, une meilleure "traçabilité" des grands criminels. Sur ce dernier point, deux directions. La première consiste à accélérer "l'alimentation du fichier national des empreintes génétiques, notamment par le biais de prélèvements ADN effectués, en prison, sur des personnes condamnées". La seconde, pièce maîtresse du futur projet de loi, est la création d'un "fichier des délinquants sexuels".
"Effet dissuasif"
"Notamment alimenté et remis à jour à partir des données figurant au casier judiciaire", ce fichier devrait faciliter la tâche aux enquêteurs mais aussi à l'autorité administrative, qui y aura également accès, "notamment pour s'assurer que des pédophiles ne soient pas en contact avec des enfants". Dominique Perben se dit aussi convaincu que le fichage aura un "effet dissuasif" et pourra réduire le risque de récidive.
Devançant la critique, Dominique Perben précise que "l'inscription à ce fichier et sa consultation seront soumis au contrôle du juge. Et seuls les crimes et délits les plus lourds y seront répertoriés". Mais, conclut-il, "il ne faut pas se leurrer, le risque zéro n'existe pas […] mais plus on prendra d'initiatives allant dans ce sens, mieux la société se portera."
(Photo d'archive : Dominique Perben)
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