Un nouveau procès des "tournantes"

Par F.A., avec AFP, le 16 septembre 2003 à 16h41 , mis à jour le 15 septembre 2003 à 18h27

Onze jeunes originaires d'une cité de Vigneux-sur-Seine sont jugés à huis-clos devant la cour d'assises des mineurs de l'Essonne pour des viols en réunion commis sur deux adolescentes entre juin et décembre 2000.

vignette justice © INTERNE

LES FAITS
Pendant six mois, deux adolescentes, Tatiania, 14 ans, et Nolwenn, 13 ans (les prénoms ont été changés) sont régulièrement violées dans les caves de la cité de la Croix-Blanche de Vigneux-sur-Seine, dans l'Essonne, par un groupe d'une quinzaine de jeunes. Par peur de représailles, elles se taisent. Tatiana est violée et sodomisée une dernière fois en décembre 2000.

L'ENQUETE
Elle commence plusieurs mois après lorsque deux collégiennes se rendent au commissariat après avoir regardé un reportage à la télévision. Elles révèlent que des "tournantes" ont eu lieu dans la cité. Elles donnent le nom d'une des victimes, âgée de 14 ans et dénoncent plusieurs auteurs, tous mineurs. Les policiers identifient ensuite les deux victimes, qui continuent à ne pas parler.

Finalement, Nolwenn raconte que Tatiana lui a confié que deux jeunes de la cité étaient venus chez elle en juin 2000 en l'absence de ses parents et l'avaient forcée à pratiquer des fellations. L'enquête montre que, comme souvent dans ce type d'affaire, tout le monde savait. "Certains mercredi, les gens de la cité voyaient les jeunes faire la queue devant les caves" explique un policier. "Nous avons passé plus de temps à tenter d'éloigner les victimes de la cité pour les protéger que sur l'enquête elle-même" se souvient-il.

En juillet 2001, les deux jeunes filles admettent avoir été victimes de viols en réunion répétés. Après avoir longtemps affirmé que les jeunes filles étaient consentantes, plusieurs accusés avouent qu'elles étaient résignées parce qu'elles avaient peur. Certains garçons avaient menacé Tatiana de montrer des photos de séances de fellation à son père si elle refusait de s'exécuter.

LES SEQUELLES DES VICTIMES
Envoyée chez sa grand-mère, Tatiania fait une tentative de suicide. Son père, âgé de 39 ans, s'est pendu cet été dans l'église du village où il passait ses vacances. Resté dans la cité quelques mois après le départ de sa fille, il semble qu'il ait été victime de pressions de la part des proches des accusés.

LES ACCUSES
Au total, dix-huit jeunes doivent être jugés dans le cadre de cette affaire. Dix des accusés jugés à partir de ce mardi étaient mineurs à l'époque des faits. Le onzième, tout juste majeur, est néanmoins renvoyé devant la même cour des mineurs. Sept autres garçons âgés de moins de 16 ans seront également présentés devant le tribunal pour enfants du 25 au 28 novembre.

LE PROCES
Il doit durer jusqu'au 30 septembre. Les prévenus encourent une peine de 20 ans de réclusion criminelle si l'excuse de minorité n'est pas retenue, dix ans si elle devait l'être.

Par F.A., avec AFP le 16 septembre 2003 à 16:41
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