© INTERNESur le ton du défi, Jean-Pierre Raffarin, qui fait de l'emploi et de la croissance ses priorités avant la réduction des déficits, a choisi de résister aux injonctions de Bruxelles. "Mon premier devoir, ce n'est pas d'aller rendre des équations comptables et de faire des problèmes de mathématiques pour que tel ou tel bureau dans tel ou tel pays soit satisfait", a-t-il lancé jeudi soir sur TF1, avant d'assurer vendredi ne pas craindre pour autant de crise avec l'Union Européenne.
Vendredi matin, la Commission européenne a réaffirmé sans surprise la nécessité de "respecter les règles" du pacte de stabilité. "On va interpréter les règles avec le maximum de flexibilité mais il faut aussi que les Etats membres montrent leur engagement européen", a souligné Gerassimos Thomas, le porte-parole du commissaire européen aux Affaires économiques Pedro Solbes.
Plus direct, le commissaire européen au Commerce Pascal Lamy avait réagi vendredi matin sur RTL."On va rappeler la France à ses obligations aimablement, fermement, en mettant la main au képi, comme le font les gendarmes avec les citoyens quand ils sont chargés de faire respecter l'ordre", a-t-il déclaré. "Et puis, éventuellement, on se posera la question de savoir si on sort le carnet de contraventions ou non", a-t-il ajouté.
Ces propos n'ont pas été appréciés par Jean-Pierre Raffarin. Ainsi, il a demandé au commissaire européen au Commerce de s'en tenir à son "mandat, rien qu'à son mandat", estimant qu'il n'avait pas à commenter la politique budgétaire de la France. Le chef du gouvernement qui s'exprimait devant des jeunes militants de l'UMP à Moliets (Landes), a déclaré avoir donné comme "objectif" à Pascal Lamy lors d'un entretien vendredi matin à Matignon "d'appliquer tout son mandat et rien que son mandat.
Le conflit risque de rebondir lors des retrouvailles des ministres européens des Finances les 12 et 13 septembre à Stresa (Italie), car les "petits pays" de la zone euro, aux finances plus vertueuses, donnent de plus en plus de voix contre les grands. Le Premier ministre suédois Goeran Persson, en pleine campagne référendaire pour convaincre son pays d'adopter l'euro, a vivement critiqué cette semaine les politiques de Paris et Berlin. Le ministre danois des Finances Thor Pedersen l'a rejoint pour s'opposer à tout assouplissement du pacte.
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