© INTERNEC'était l’un des meilleurs connaisseurs d’Alègre. Après 24 ans de service, l'adjudant Michel Roussel la "mémoire vivante" de cette tentaculaire affaire criminelle a décidé de "faire valoir ses droits à la retraite", écrit lundi Le Parisien. L'information a été confirmée au siège de la direction de la gendarmerie à Paris qui parle d'une "affaire de choix personnel".
La Dépêche du Midi publie mardi le fac-similé de la lettre que Michel Roussel a adressé le 7 octobre aux familles des victimes des meurtres imputés à Patrice Alègre. Dans ce courrier, il affirme sa décision de "mettre fin à (sa) carrière dans la gendarmerie nationale" et leur demande "pardon de ne pas avoir pu aller plus loin".
"Les raisons de mon départ, que je n'accompagne d'aucun stage de reconversion ou autre mesure sociale sont multiples et vous en connaissez bien évidemment certaines", écrit-il, précisant qu'il est "trop tôt pour aborder l'ensemble de ces dernières".. "Nos réussites sont aussi incontestables qu'insuffisantes. Il reste tant à faire... Votre combat doit se poursuivre car il est juste", ajoute l'ancien militaire. Selon la Dépêche, Michel Roussel aurait récemment dit dans son entourage: "chaque fois que mon nom apparaîtra sur une procédure, elle sera soumise à caution. En restant, je mettrai à mal tout le travail fait et à venir sur les meurtres non élucidés".
"Mise à l'écart" ?
Michel Roussel participait depuis 1997 à l'enquête sur les cinq meurtres pour lesquels Alègre a été condamné à la perpétuité en février 2002 et dirigeait depuis l'été 2000 la cellule "Homicide 31" enquêtant sur d'autres crimes non élucidés susceptibles d'être imputés au tueur en série. C'est Roussel "qui a fait parler" Patrice Alègre sur les premiers meurtres. C'est lui qui a recueilli les premiers témoignages de "Patricia" et "Fanny" sur le meurtre de Line Galbardi. Au fil des auditions, les deux jeunes femmes en sont venues au début 2003 à faire d'Alègre l'organisateur de soirées sado-masochistes auxquels auraient participé des personnalités toulousaines.
L'apparition de ce second volet de l'affaire avait entraîné une division de l'enquête, Michel Roussel conservant la responsabilité des enquêtes sur les meurtres, la vérification des témoignages sur les soirées sado-masochistes revenant à un autre groupe. Une "mise à l'écart", s'était écrié des "partisans" de Roussel cités par Libération à la mi-juin.
"Mettre en cause M. Baudis"
Mais une controverse est née depuis la remise en cause de la crédibilité de témoignages recueillis auprès d'anciennes prostituées, en particulier "Patricia" et "Fanny". Les contradictions de la première, mise en examen pour avoir influencé le faux témoignage du travesti "Djamel" et les multiples rétractations de la seconde ont suscité des interrogations sur sa conduite de l'enquête. Selon l'avocat de Fanny, le gendarme lui aurait suggéré "de mettre en cause M. Baudis".
Photo : Michel Roussel (archives)
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