© INTERNEPierre Chanal ne voulait pas assister à son procès. Après plusieurs vaines tentatives, l'ex-adjudant a réussi à mettre fin à ses jours dans la nuit de mardi à mercredi dans sa chambre d'hôpital à Reims. Conséquence de cette mort, mercredi vers 9h30, la présidente de la cour d'assises de la Marne a annoncé la fin du procès qui avait débuté la veille en l'absence de l'accusé.
L'assassin présumé de trois des huit "disparus de Mourmelon" s'est "ouvert l'artère fémorale gauche vers minuit, entre deux rondes, avec une lame de rasoir qu'il avait réussi à dissimuler", a constaté le procureur général Yves Charpenel. Il avait pris soin de se poser un garrot à chaque cuisse pour se tuer plus rapidement et moins douloureusement, "une véritable technique de commando", selon Yves Charpenel. L'autopsie pratiquée mercredi est venue confirmer la cause de la mort de l'ex-adjudant. Chanal se serait servi d'un rasoir jetable cassé auquel il manquait le manche. Pierre Chanal "était gardé par deux policiers placés en faction en dehors de la chambre, et des rondes régulières étaient assurées par des infirmiers", a encore précisé le procureur général. Une information judiciaire a été ouverte et confiée au SRPJ de Reims. Deux enquêtes administratives sont en cours sur les conditions dans lesquelles le prévenu s'est suicidé.
D'où vient la lame ?
"Nous devons avoir les éléments pour comprendre comment une lame de rasoir a pu être utilisée", a déclaré mercredi matin le garde des Sceaux sur Europe 1, qui a insisté : "voilà quelle est la question très simple, très précise et je veux une réponse". Selon Dominique Perben,
"soit il y a eu de l'inattention, soit il y a eu passage de la lame de rasoir par quelqu'un dans les dernières heures qui ont précédé sa mort", sachant que Pierre Chanal avait été l'objet d'une "fouille minutieuse", réalisée "tout à fait en début de soirée". "En tout cas, la lame de rasoir n'est pas arrivée de façon mystérieuse. Il y a bien quelqu'un qui a fait qu'elle soit là", a dit le ministre de la Justice.Selon le procureur de la République de Reims Vincent Lesclous, Chanal a réussi à mettre fin à ses jours grâce à "l'une des deux lames de rasoir jetables qu'il avait vraisemblablement transportées depuis Fresnes", dissimulées "dans ses vêtements, probablement sous l'étiquette rigide du pantalon".Fin du procès
Pour les familles des victimes qui attendaient depuis des années ce procès, c'est un nouveau coup dur. "Pierre Chanal a commis son dernier crime cette nuit", commente Gérard Chemla, un des avocats des parties civiles. En effet, ce suicide éteint de fait l'action en justice menée contre Pierre Chanal.
L'ex-adjudant avait déjà fait une tentative de suicide en mai dernier, 48 heures avant le premier procès d'assises prévu à Reims, 23 ans après les premières disparitions d'appelés dans la Marne. Cette tentative avait provoqué l'ajournement des audiences au 14 octobre. Mardi, à la réouverture du procès, il avait de nouveau refusé de comparaître. Il était maintenu en détention à l'hôpital de Reims.
Retour MYTF1
Chargement en cours...




