Christine Malèvre et sa vision de l'euthanasie

Par afp, le 03 octobre 2003 à 13h05 , mis à jour le 03 octobre 2003 à 18h48

Au deuxième jour de son procès devant les asssises de Paris, l'ancien infirmère a donné vendredi une définition bien personnelle de l'euthanasie.

[Expiré] [Expiré] malevre croquis d'audience appel © AFP

Poussée dans ses retranchements par Me Olivier Morice, défenseur de plusieurs parties civiles, pour savoir comment elle qualifierait le fait de donner la mort à un malade qui ne l'a jamais demandé pas plus que sa famille, Christine Malèvre a répondu : "Si c'est un malade en fin de vie et qui souffre, qui est en train de mourir, ça s'appelle de l'euthanasie" - accusée de sept assassinats, elle ne reconnaît que deux "aides à mourir".

Nettement moins à l'aise que la vieille, l'ex-infirmière de Mantes-la-Jolie a aussi été soumise à rude épreuve par les questions incisives de l'avocat général, François-Louis Coste. Face à ce qu'elle affirme avoir été une demande à mourir de malades, il l'interpelle : "Malgré la gravité de l'enjeu, je ne comprends pas pourquoi vous n'en parlez pas avant de satisfaire la demande". Il n'y a pas eu "un minimum de vérifications auprès de vos collègues" pour savoir si elles ont déjà eu affaire à une telle demande. "C'est un peu léger", lâche-t-il, l'accusant d'avoir travaillé dans une "bulle".

"Le malade dit tout dans le regard"

Alors que Christine Malèvre affirme que "le malade dit tout dans le regard", le représentant de l'Etat lui demande avec ironie si elle "est experte en interprétations de regards" pour les malades en fin de vie dont elle s'occupait. "Je savais des choses que la famille ne savait pas", assure-t-elle alors que les proches des patients décédés affirment qu'ils ne lui auraient jamais demandé à mourir.

Sous les coups de l'avocat général, elle se trouble un peu. "C'est intime, on se dit qu'il ne redemandera pas (...). Oui, j'aurais dû en parler, aller voir le médecin", admet-elle, ajoutant qu'elle ne se sentait "pas capable d'aborder le sujet parce qu'il y avait la rumeur (selon laquelle) lorsque j'étais présente, il y avait plus de patients qui décédaient". Elle a cependant assuré avoir gagné cette réputation "sans pour avoir autant fait autre chose que passer dans une chambre".

Statistiques

Elle a confié que cette étiquette de "poisseuse" la "blessait", était "lourde et pesante", même si elle s'y associait parfois sur le mode "Je vais travailler cet après-midi, ça va être pour nous". Selon une étude statistique, "la densité des décès au cours de sa présence était entre 2,5 et 4 fois supérieure à celle survenue pendant le temps de travail de ses collègues"

Les débats reprendront lundi.

(croquis d'audience afp)

Par afp le 03 octobre 2003 à 13:05
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