© INTERNEtf1.fr - 600 000 personnes l'année dernière à Paris, 1 million à Rome la semaine dernière. Comment expliquez-vous le succès du concept de Nuit Blanche ?
C'est une idée ancienne que j'avais, comme citoyen et comme voyageur. J'ai vécu dans des villes ouvertes tard la nuit comme New-York ou Tokyo. Et je trouvais que Paris s'endormait un peu. On attend de Paris qu'elle ait de la vitalité et que les gens viennent échanger. Se promener simplement devant les monuments de Paris, c'est de temps en temps un peu statique et passif. L'idée de la Nuit Blanche, c'est que les gens soient actifs, c'est que les quartiers se remettent en vie.
tf1.fr - Quels enseignements avez-vous tiré de la première édition, victime de son succès avec de longues files d'attente ?
"J'espère que |
Cette année, nous avons donc confié à six directeurs artistiques la création de six parcours dans Paris, ce qui devrait permettre une bien meilleure fluidité. Mais, et c'est très important, j'espère que le gens vivront la Nuit Blanche à pied. Les distances dans la capitale sont tout de même assez courtes. Avec un vélo et des bonnes chaussures, tout devrait bien se passer.
tf1.fr - Quels conseils donnez-vous pour bien réussir sa Nuit Blanche ?
J'espère que les gens vont être raisonnables et se déplacer à pieds car ma seule crainte est un risque d'engorgement de Paris. 500 000 personnes l'année dernière, 1 million à Rome la semaine dernière. Si c'est le cas samedi, il ne faut vraiment pas que les gens prennent leur voiture. Sinon, la ville risque d'être paralysée.
Pour bien réussir la Nuit Blanche, je conseille aux famille et à tous de choisir un des six parcours et de s'y promener tranquillement. Dans le centre de Paris par exemple, il sera très facile d'aller d'un endroit à un autre. Le jardin amoureux aux Halles, l'éclairage de la Bourse du commerce, la Maison de la poésie, des lectures d'écrivains aux Cahiers de Colette rue Rambuteau... Un peu plus au nord, il y a le canal St-Martin qui va être éclairé par Kersalé. Ce devrait être très beau.
tf1.fr - Sur quels critères avez-vous choisi les dizaines d'artistes ?
La règle a été de laisser les six directeurs artistiques libres de leur choix. Evidemment, le choix de ces six personnalités a été fait en concertation avec la direction des affaires culturelles et avec le maire de Paris.
Les six personnalités sont très différentes mais incontournables. On a une palette de talents et de création puissante. Cette nuit Blanche a lieu juste avant la Foire Internationale d'Art Contemporain (FIAC) et à l'étranger, dans le monde de l'art contemporain, on parle de la Nuit Blanche comme d'un moment très important.
J'ai apprécié que la première grande capitale un peu mythique de l'Europe entre dans la grande famille des Nuits Blanches avec sa propre programmation. Il faut en effet qu'il y ait une adéquation entre la ville et chaque Nuit Blanche. Il y a donc eu à Rome un hommage au cinéma, aux musiques de films, et du théâtre. Rome se prêtait très bien également aux jeux de lumière. Par ailleurs, le maire Walter Veltroni a très bien géré la coupure de courant et notamment les centaines de gens coincés dans le métro.
tf1.fr - Car à Rome, le métro reste ouvert toute la nuit, pourquoi les Parisiens n'ont-ils pas droit au même service ?
La RATP a fait de vrais efforts. Il y a 5 lignes supplémentaires de bus gratuits toute la nuit. Il y a également la ligne 14 (Météor). Mais la déception vient, je ne le cache pas, du Syndicat des Transports de l'Ile de France (STIF) présidé par le préfet de région Bertrand Landrieu qui n'a pas répondu favorablement à notre demande de contribuer au financement du métro cette nuit là. La ville de Paris ne peut pas supporter seule le coût. Il faudrait que le STIF mette la main à la poche. Peut-être dans les années à venir.
tf1.fr - Après Rome et Paris, à quand une véritable Nuit Blanche européenne simultanée dans les capitales européennes ?
On y travaille. Je suis en contact avec mon homologue à la culture à Londres et les Britanniques sont intéressés. Varsovie est sur les rangs. Barcelone s'est manifestée. Et j'aime l'idée que l'identité de l'Europe puisse se manifester à cette occasion. Alors que certains doutent, au moment de l'élargissement de l'Union à d'autres pays, une nuit de liberté, une nuit sensuelle et une "Europe sensuelle", ça serait bien non ?
Photo : projet d'éclairage de la façade de la CDC
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