© INTERNEElle n'y a vu que du feu. Certes, la salle d'audience du tribunal d'Angoulème avait l'air un peu dissipée mais l'avocate avait attribué cela à la longueur de sa plaidoirie. Le président Charlon avait également senti un flottement mais il pensait que le désordre provenait de l'absence de chaussettes d'un assesseur…
Finalement, c'est une femme venue épauler son mari convoqué en tant que victime qui a tout vu. En pleine audience, l'un des assesseurs se livrait à une besogne solitaire que la morale réprouve. Du moins en public. Le journaliste de la Charente Libre, qui dévoile l'affaire jeudi, affirme avoir assisté à la masturbation durant "un bon quart d'heure". Le juge "s'est livré à des gestes sans équivoque, après avoir discrètement remonté sa robe de magistrat et défait la fermeture de son pantalon", écrit-il. Ulcérée par ce "simulacre de justice", une avocate a aussitôt alerté le bâtonnier de l'Ordre.
Mi-temps thérapeutique
Interrogé par la Charente Libre, le président du tribunal d'Angoulème, Gilles Rolland, reconnaît le côté "distrait" du magistrat mais se refuse de le juger avant de connaître la réalité exacte des faits. Une enquête pénale est en cours. Le magistrat soupçonné a été placé en garde à vue et devrait rapidement être examiné par un expert psychiatre. Selon le quotidien régional, il aurait été récemment muté à Angoulème. Placé depuis plusieurs mois en mi-temps thérapeutique, il serait uniquement affecté aux audiences collégiales du tribunal correctionnel.
Au plus haut niveau, l'affaire est prise très au sérieux. La Chancellerie a indiqué que Dominique Perben allait saisir le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) pour demander l'interdiction temporaire d'exercer du magistrat, ainsi que l'avait invitée la première présidence de la cour d'appel de Bordeaux en accord avec la présidence du tribunal de grande instance d'Angoulême.
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