Ils cachaient la mort de leur fille depuis 3 ans

Par afp, le 17 octobre 2003 à 20h28 , mis à jour le 17 octobre 2003 à 20h31

Un couple habitant dans la Loire a été mis en examen pour "homicide volontaire sur mineur de moins de 15 ans". La petite Emelyne, alors âgée de trois ans, aurait succombé à des maltraitances en 2000.

emelyne loire © INTERNE

Le couple, résidant à Saint-Victor-sur-Loire, était venu signaler mercredi à la police la disparition de leur fillette Emelyne, prétendument âgée de 6 ans et demi, à la fête forraine de Firminy, dans la Loire. Il a été placé en garde à vue sous le soupçon de l'avoir fait disparaître, il y a trois ans alors qu'elle était âgée de 3 ans et demi.

Ce sont les incohérences des déclarations du père comme de la mère, âgés d'une trentaine d'années, qui ont conduit à leur placement en garde à vue, durant laquelle ils ont reconnu avoir fait disparaître le corps d'Emelyne. Le couple vit avec Sandy, de neuf mois la cadette d'Emelyne, et son frère Jean-Michel, âgé de quatre ans.

Emelyne, alors âgée de 3 ans, aurait succombé il y a près de trois ans à de mauvais traitements de son père ou du couple, et son corps aurait ensuite été brûlé et enfoui dans le jardin familial. Mais aucune découverte n'a été faite dans le jardin de la ferme familiale, isolée à flanc de vallon, lors des fouilles effectuées jeudi par les enquêteurs notamment à l'aide d'un tracto-pelle.

Suspicion

Le couple aurait ensuite réussi à faire croire aux autorités socio-éducatives qu'ils avaient toujours trois enfants en présentant à l'occasion leur seconde fille, née à peine un an après l'aînée, comme étant Emelyne. Une enquête de l'inspection académique et des rapports de l'assistante sociale, empêchée de pénétrer au domicile, aurait entraîné depuis quelques mois la suspicion sur l'existence d'Emelyne, conduisant les parents au stratagème de la (fausse) disparition d'Emelyne.

Une supercherie qui n'a pourtant pas été détectée par une enquête lancée le 14 avril dernier par la Direction de la Protection sociale (DPS) de la Loire, après un appel anonyme dénonçant les conditions de vie des enfants, a indiqué Philippe Gauthier, le directeur de la DPS. L'enquête, qui a duré jusqu'au mois de juillet et qui n'a pas nécessité l'examen "de visu" des trois enfants, n'a révélé aucune maltraitance, la mère ayant produit à la DPS "les carnets de santé des trois enfants". "Ils prouvaient qu'ils étaient suivis régulièrement par des médecins", a ajouté M. Gauthier.

(photo : la maison où vit le couple)

Par afp le 17 octobre 2003 à 20:28
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