Le plaisir de la conduite à l'air libre, et leur agilité dans les embouteillages a conquis plus de 70.000 utilisateurs de deux roues motorisés pour la seule île de France. Au niveau national, en 2002, l'explosion du nombre d'utilisateurs a malheureusement généré 1339 accidents mortels. Le capitaine Davaut, de la gendarmerie nationale, analyse pour tf1.fr les données sur les accidents communiquées par l'Observatoire national interministériel de sécurité routière.
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En 2002, 1339 conducteurs de deux roues motorisés ont perdu la vie, et 6924 ont été grièvement blessés sur nos routes ? Comment expliquer ces inquiétantes statistiques ?Cne Davaut : de par la nature même de leur véhicule les motards, quelle que soit la cylindrée de leur engin sont particulièrement exposés en cas d'accident. L'absence évidente de carrosserie, mais aussi la puissance de moteurs sophistiqués alliée à un poids dérisoire induit des capacités d'accélération et donc des comportements dangereux. Ainsi, rapporté au nombre de kilomètres parcourus, le risque d'avoir un accident au volant d'un deux roues motorisé est vingt et une fois plus élevé qu'en conduisant une voiture. Il est navrant de constater que bien qu'ils ne représentaient en 2002 que 0,8% des transports français, les deux roues ont compté pour 12,5% des victimes d'accidents corporels.
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Avec 155 accidents mortels de France détient donc le triste record du nombre d'accidents. Pourquoi ?Avant d'être officier au sein de l'escadron motocycliste de la garde républicaine (celui qui escorte le Président de la république NDLR), j'ai fait partie d'une unité chargée du contrôle et de l'assistance routière en province, à St Brieuc. Ce qui m'a frappé en arrivant en région parisienne, c'est le nombre extrêmement élevé de motards. Il génère une densité de circulation et un nombre d'accidents sans équivalent dans le reste du pays. Les manquements au code de la route sont aussi nettement plus systématiques à Paris qu'en province. Ces infractions accroissent très certainement la fréquence des acidents corporels.
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Quelles sont les catégories de conducteurs les plus touchées ?Cne Davaut : En région parisienne, le flux de deux roues est composé de populations très disparates. Parmi ces dernières, trois me paraissent sortir du lot : les cadres supérieurs de la trentaine et plus, adeptes de la moto pratique, confortable, et qui sont relativement prudents au volant. Néanmoins, beaucoup d'entre eux sont passés de la voiture aux deux roues de type scooter 125 cm3 à la faveur d'un changement de législation, sans expérience préalable. Ceux là sont souvent victimes d'accrochages.
Ensuite les professionnels, livreurs et autres coursiers dont le mode de rémunération, (au nombre de tickets effectués chaque jour / ou livraison en moins de 30 Mn pour certains livreurs) induit une conduite trop rapide, agressive, source d'accidents graves voire mortels. Enfin les "fanas de moto", des passionnés souvent propriétaires de grosses cylindrées. Il roulent beaucoup, vite, trop vite, afin de profiter à plein de machines sportives. Ils représentent le gros des accidents mortels du fait d'une vitesse largement au dessus de celle autorisée.
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Que peut faire l'Etat pour lutter contre ce fléau ?Cne Davaut : le mot fléau n'est pas trop fort, et ces accidents touchent massivement de jeunes adultes, voire des adolescents. Concernant ces derniers, il existe des formations comme l'attestation de sécurité routière (ASSR) et le brevet de sécurité routière (BSR) validées par des tests qui ont pour but d'éduquer les jeunes. Ensuite, au niveau de la gendarmerie, un repositionnement des personnels, allié à la mise en œuvre de matériels performants, et légers permet une présence décuplée des gendarmes sur les sites à risque.
Avec l'ancienne génération de radars, il fallait 4 à six hommes pour effectuer un contrôle. Désormais, grâce à l'utilisation des jumelles radar, il ne faut plus que deux hommes pour la même tâche. Les alcootests ont connus la même évolution. Les gendarmes, qui devaient emmener les automobilistes à l'hôpital pour les tests peuvent désormais utiliser des éthylomètres embarqués, et multiplier ainsi le nombre de contrôles.
L'objectif est clair : nous voulons désormais créer un véritable "sentiment d'insécurité" pour les chauffards, dans leur intérêt, et celui des autres usagers de la route.
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