© AFPNicolas Sarkozy a réussi son pari : faire avancer la biométrie dans l'espace Schengen pour faire reculer l'immigration clandestine. Cette technique consiste à stocker sur un support (carte à puce, code-barre), une ou plusieurs caractéristiques physiques d'un individu (empreintes digitales, reconnaissance faciale, iris de l'oeil) pour permettre de vérifier que le porteur d'un document en est bien le titulaire.
Les ministres de l'Intérieur du Groupe des 5, le "G5" (Allemagne, Espagne, France, Grande-Bretagne, Italie) , réunis à La Baule depuis dimanche, ont en effet annoncé lundi, être "d'accord pour l'entrée de la biométrie" sur les visas. Selon le ministre de l'Intérieur, les Cinq sont convenus d'adopter la technologie de la carte à puce pour la biométrie. "Nous voulons la biométrie tout de suite, mais pas une biométrie qui ferme l'avenir", a-t-il ajouté. "C'est pourquoi nous tenons à la technologie de la puce" car elle permet d'ores et déjà de stocker "ce qui est le plus fiable actuellement : empreintes digitales et reconnaissance du visage."
En même temps, "nous ne voulons pas nous priver de la reconnaissance par l'iris de l'oeil" qui pourra, elle aussi, être stockée dans une puce selon l'évolution de la technologie", a ajouté Nicolas Sarkozy. Pour le ministre allemand, Otto Schily, il "faut éviter que plusieurs systèmes biométriques différents existent, un système russe, un autre européen ou d'autres." C'est pourquoi "il est très important que nous soyons d'accord sur un processus de normalisation internationale" en ce domaine, a-t-il ajouté.
Une carte d'idendité en Grande-Bretagne ?
Cette question de la biométrie a été l'occasion, pour le britannique David Blunkett, de revenir sur l'actuel débat au sein de son gouvernement, sur l'instauration éventuelle d'une carte d'identité en Grande-Bretagne. "Si nous adoptons ce document, il faudra le faire en fonction de la meilleure utilisation de la biométrie, afin de développer un système sûr et vérifiable."
Interrogé sur le calendrier de la mise en place de la biométrie sur les visas Schengen, le ministre italien dont le pays préside l'Union européenne, a précisé que cette question serait "à l'ordre du jour du prochain Conseil Justice-Affaires-Intérieures (JAI) du 6 novembre." "Ainsi, nous démontrons que l'Europe avance", a conclu Nicolas Sarkozy, une Europe à géométrie variable sur ce dossier de l'immigration.
Des rencontres comme celles de La Baule, deuxième du genre après celle de Jerez de la Frontera (Espagne) le 18 mai, continueront de se tenir chaque trimestre.(photo apf : Nicolas Sarkozy et Angel Acebes)
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