Simulation d'attaque chimique dans le métro

Par Alexandra GUILLET et afp, le 22 octobre 2003 à 07h00 , mis à jour le 22 octobre 2003 à 22h33

Un exercice grandeur nature a été organisé dans la nuit de mercredi à jeudi à la gare RER/métro des Invalides, à Paris. Objectif : tester la capacité des secours et de la police à faire face à une telle attaque.

greve usagers metro © INTERNE

Comment réagiraient les secours si un groupe terroriste procédait à un attentat chimique dans le métro parisien ? S’il existe des théories, la pratique manque. C’est pourquoi, un test grandeur nature a pour la première fois été prévu au cours de la nuit de mercredi à jeudi dans la capitale. 500 personnes devaient être mobilisées : policiers, médecins du Samu, sapeurs-pompiers, mais aussi personnels de la RATP et de la SNCF. Jean-Pierre Raffarin et Nicolas Sarkozy devaient assister à cet exercice. La préfecture de police de Paris, maître d'oeuvre de cette opération, a pour cela imaginé un scénario se rapprochant de l’attentat au sarin perpétré le 20 mars 1995 dans le métro de Tokyo, qui avait fait 12 morts et des milliers de blessés.

"L'attaque" a été prévue dans la station RER/métro très passante des Invalides. Peu avant minuit, des terroristes virtuels devaient être repérés dans la gare. Selon le scénario de cet exercice, l'alerte devait être donnée mais ils auraient eu le temps de répandre un gaz contaminant des dizaines d'usagers et employés de la  SNCF, joués par des figurants. Une base de secours devait être installée à l'Ecole militaire et des centaines d'engins déployés par les pompiers. Une dizaine de tentes de décontamination devaient été dressées afin de soigner les "victimes". L’exercice devait prendre fin vers 5 heures du matin.

Cet exercice a été prévu, précise la préfecture "en dehors de toute actualité immédiate concernant une menace concrète d'attentat dans la capitale". Il s'inscrivait "dans une démarche engagée depuis deux ans afin de mettre en place un dispositif d'intervention efficace en cas de crises majeures ou d'attaque terroriste dans le domaine NRBC (Nucléaire, radiologique, bactériologique, chimique). Il entrait dans le cadre du plan Piratox arrêté par les autorités en octobre 2002 afin de répondre à toute menace d'attentat chimique. Un tel exercice avait eu lieu en plein jour, le 7 septembre, dans le métro de Londres au coeur de la City, le centre financier de la capitale.

 

PIRATOX

Face à la menace d'une attaque chimique d'origine terroriste ou accidentelle, les services français de sécurité disposent depuis plusieurs années d'un plan Piratox, comparable au plan Vigipirate, qui prévoit une organisation spécifique des secours. Il est l'objet d'une classification "diffusion restreinte", qui interdit toute description détaillée et est adapté aux situations locales.

D'autres adaptations en ont été faites telles que Piratair, en cas de détournement d'avion, Pirate-mer, pour un détournement de navire ou Piratome, en cas d'attaque ou d'accident nucléaire.

En cas d'attaque ou d'accident chimique dans le métro, le plan dit Interfer serait mis en oeuvre comme pour tout évènement dans le métro. Puis, au vu de l'importance de l'événement, le plan "rouge" serait activé. Si le type de  blessures ou de malaise constatés correspond à une agression chimique Piratox est alors déclenché.

Par Alexandra GUILLET et afp le 22 octobre 2003 à 07:00
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