© INTERNEAccusés d'avoir agressé trois policiers patrouillant à VTT dans la cité des Pommiers, le 24 juillet 2002 à Pantin, Medhi Guechtoum, 20 ans, et Tewfik Lamara, 23 ans, ont été reconnus coupables de "violences commises en réunion" par le tribunal correctionnel de Bobigny (Seine-Saint-Denis). Ils ont été respectivement condamnés à quatre ans et demi de prison dont douze mois avec sursis et trente mois dont huit avec sursis. Tous deux devront se soumettre à un suivi médical, à justifier d'un emploi et à indemniser les victimes. A l'énoncé du jugement, les deux hommes ont esquissé un large sourire.
Dans ses réquisitions, lundi, le procureur de la République avait réclamé 6 et 4 ans de prison.
Les deux condamnés devront verser solidairement 10.000 euros de dommages intérêts à deux des trois victimes. Medhi Guechtoum devra en outre verser à titre de provisions sur les dommages et intérêts 10.000 euros à la troisième victime, Elisabeth qui, seize mois après les faits, reçoit deux fois par semaine des soins à l'hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière.
"Ils ne vous aiment pas, mais nous on vous aime !"
Pour l'avocat des trois policiers, le tribunal a prononcé des "peines parfaitement adaptées". "La bavure vient des jeunes, et non de la police. J'espère maintenant qu'ils comprendront l'exemplarité de la sanction", a déclaré maître Frédérik Canoy. Selon lui, l'écart substantiel entre les réquisitions et les condamnations pourrait s'expliquer par "la présence des médias". Jointe au téléphone par son avocat, Elisabeth n'a pas caché sa "déception" contre "l'absence de sanction exemplaire".
Les amis des deux condamnés sont restés discrets. Seules quelques personnes sont venues assister à l'audience. Quelques secondes après le prononcé du jugement, Rachida Guechtoum, la mère de l'un des condamnés, s'est approchée du box des accusés, lançant un sonore "Ils ne vous aiment pas, mais nous on vous aime !".
A l'extérieur de la salle d'audience, la mère de famille a fait part de son indignation. "Cette affaire est un scandale ! Si le dossier était solide, si les dépositions des policiers étaient cohérentes, comment expliquez-vous que les peines aient été allégées ? Les magistrats savent très bien ce qu'il y a dans le dossier…", a-t-elle déclaré, avant d'annoncer son intention d'entamer une grève de la faim devant le ministère de l'intérieur, Place Beauvau (Paris), où elle a tenté, en vain, de rencontrer Nicolas Sarkozy jeudi matin.
Photo : la cité des Pommiers de Pantin (Seine-Saint-Denis), où les trois policiers ont été agressés (AFP).
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