© INTERNEUn an après son premier procès, Boualem Bensaïd est rejugé durant quatre semaines devant la cour d'assises spéciale de Paris, composée de huit magistrats professionnels puisqu'il s'agit de crimes terroristes. L'audience s'est ouverte lundi peu après 10H15.
En première instance, Bensaïd avait été condamné comme auteur de l'attentat perpétré devant la station de métro Maison-Blanche (6 octobre 1995, 18 blessés) et comme complice pour ceux des stations du RER Saint-Michel (25 juillet 1995, 8 morts) et de Musée d'Orsay (17 octobre 1995, 30 blessés) - trois autres attentats n'ont jamais été élucidés.
Smain Aït Ali Belkacem, également condamné en octobre 2002 à la réclusion criminelle à perpétuité, s'est désisté de son appel. Le cas du troisième co-accusé, Rachid Ramda, détenu en Grande-Bretagne, a été disjoint.
Failles de l'enquête
Si l'accusé, également condamné en 2001 pour une tentavive ratée contre le Paris-Lyon, comparaît pour les trois attentats, l'essentiel de l'intérêt des débats reste l'examen du plus meurtrier, celui de Saint-Michel, pour lequel l'accusation a montré de larges failles lors du premier procès. Rien n'a permis de prouver avec certitude la culpabilité de Boualem Bensaïd. A tel point que, accusé d'être "auteur" de cet attentat, il a seulement été reconnu coupable de "complicité".
Même si cela n'a pas empêché la cour d'assises spéciale de Paris de le condamner à la peine maximale, la nuance n'est pas sans importance. Cela veut dire essentiellement qu'aucun des trois hommes, selon les différents témoignages, qui ont posé la bombonne de gaz dans la rame du RER B n'a été identifié. Pour la justice et pour les dizaines de victimes et leur famille, l'attentat de Saint-Michel reste donc sans auteur connu, puisque seul Bensaïd était poursuivi de ce chef. En revanche, sa culpabilité pour les attentats de Maison-Blanche et Musée d'Orsay est évidente.
Pourquoi ?
A l'occasion de ce nouveau procès, certaines questions trouveront peut-être enfin une réponse. Pourquoi Ali Touchent, personnage clé du dossier, n'a-t-il jamais été arrêté ? Il est donné pour mort, abattu dans un hôtel d'Alger en mai 1997. Mais les autorités algériennes ne l'ont fait savoir qu'en février 1998.
Autre attente: la réponse au "pourquoi ces attentats". Bensaïd n'a fourni en première instance que des éléments de réponse. Le militant a en effet justifié l'activisme du GIA par la nécessité de répondre notamment à l'interruption du processus électoral et à l'interdiction du FIS en Algérie en 1992. "C'est la suite d'une guerre de 250.000 morts (en Algérie) qui ne peuvent pas venir pleurer ici", avait-il déclaré avant de faire également allusion à la répression des manifestations du 17 octobre 1961 à Paris.
(dessin d'archives afp : Boualem Bensaïd)
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