La catastrophe du Pic de Bure jugée à Gap

Par F.A., avec AFP, le 12 novembre 2003 à 14h03 , mis à jour le 12 novembre 2003 à 17h32

Neuf personnes comparaissent jusqu'au 28 novembre devant le tribunal correctionnel pour "homicides involontaires" dans le cadre de l'accident du téléphérique privé de l'observatoire du Pic de Bure. Vingt employés avaient péri en juillet 1999.

[Expiré] [Expiré] pic de bure accident © AFP

LES FAITS
Le 1er juillet 1999, tôt le matin, des techniciens et des ouvriers travaillant sur le site de l'Observatoire du Pic de Bure montent dans le téléphérique privé pour prendre leur service à 7h30. Après avoir passé les deux premiers pylônes, la cabine arrive dans la section la plus pentue. Elle glisse alors en arrière sur le câble avant de se décrocher et de faire une chute de 80 mètres et  s'écraser dans la station de ski de Saint-Etienne-en-Dévoluy.

La catastrophe tue 20 hommes, dont 7 travaillaient pour l'entreprise de BTP Queyras et 4 pour France Télécom, et transforme 28 enfants en orphelins. Elle provoque une émotion intense dans toute la région.

L'ENQUETE
Elle montre une succession de négligences dans l'utilisation et la maintenance de cette cabine privée, non astreinte aux strictes règles de sécurité des téléphériques transportant du public.

Le rapport des experts attribue la cause directe de l'accident à l'absence de système de freinage. Le frein de chariot avait été désactivé en juillet 1984 et enlevé en 1986. Ce retrait, dont personne ne veut assumer la responsabilité car sa présence aurait pu éviter l'accident, sera au coeur des débats.

L'audience doit notamment déterminer le rôle d'Aldo Oberti, un retraité âgé de 72 ans, qui a perdu son beau-fils dans l'accident, et dont la société assurait la maintenance du téléphérique depuis 1984. Selon l'enquête, il apparaît comme la seule personne ayant pu retirer physiquement ce frein, car le constructeur du téléphérique Pomagalski ne l'a pas fait et personne d'autre ne pouvait faire des travaux nécessitant l'immobilisation de toute l'installation.

LE PROCES
Il s'est ouvert ce lundi à 13h30. La salle principale était pleine, mais pas les deux salles annexes, reliées par vidéo à la salle d'audience pour permettre au public de suivre les débats. Cette première journée, purement technique (appel des prévenus, des parties-civiles et des experts) s'est terminée vers 15h40.

Au total, neuf personnes physiques et morales sont jugées pour "homicides involontaires". Outre Aldo Oberti, le CNRS, l'Institut de radioastronomie millimétrique (IRAM) qui exploitait le téléphérique, la Caisse régionale d'assurance maladie du Sud-Est (CRAM) qui faisait partie des organismes vérificateurs, l'organisme de contrôle APAVE et le directeur de l'IRAM lors de la construction de l'installation en 1979, ont ainsi été mis en examen.

Deux cent cinquante-huit personnes sont parties civiles et une quarantaine d'avocats doivent intervenir pendant les débats, qui se termineront le 28 novembre.

(photo d'archives afp : les restes de la cabine, le 1er juillet 1999)

Par F.A., avec AFP le 12 novembre 2003 à 14:03
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