© INTERNEL'odyssée du Clemenceau, suite et (bientôt) fin. A près avoir quitté le 13 octobre son port d'origine de Toulon (Var), le valeureux porte-avions s'apprête à revenir dans la rade varoise. Faute d'avoir pu être désamianté à l'étranger comme prévu, sa coque, reprise en charge par l'Etat français, est actuellement remorquée par un bâtiment de la Marine nationale. Il devrait être de retour à Toulon d'ici à la fin de la semaine. "Cela ne préjuge pas du lieu définitif du désamiantage qui sera choisi à l'issue des négociations menées sous l'égide du service des Domaines", a précisé le ministère de la Défense, propriétaire du bâtiment.
Le Clemenceau était immobilisé depuis la mi-octobre au large de la Sicile dans l'attente d'un port de destination pour son désamiantage, alors qu'Athènes avait refusé de l'accueillir. Paris s'était tourné vers la Grèce après avoir retiré son contrat à une société espagnole qui avait décidé de convoyer le Clemenceau vers la Turquie, alors qu'elle s'était engagée à réaliser l'opération dans l'Union européenne. Mais depuis, la France et la société allemande Eckhardt Marine avec qui elle négociait un nouveau contrat de désamiantage, cherchaient toujours un port de destination. Toute la difficulté n'étant pas tant de trouver une société pour le désamianter qu'un port pour l'accueillir le temps de l'opération.
Interrogations
Le port autonome de Marseille a été approché pour l'accueil du " Clem' " dans les bassins de Fos-sur-mer (Bouches-du-Rhône). D'autres sites du sud de la France sont également théoriquement susceptibles de pouvoir l'accueillir, dont les anciens chantiers navals de la Seyne-sur-Mer dans la rade de Toulon ou ceux de la Ciotat (Bouches-du-Rhône).
Selon le ministère de la Défense, le Clemenceau contient 210 tonnes d'amiante présentes dans les gaines entourant toutes les sources de chaleur, dont les chaudières, et dans les protections thermiques des soutes à munitions et des soutes à carburant. Il avait été mis en service en 1961 avant d'être remplacé par le porte-avions à propulsion nucléaire Charles de Gaulle. Il aura parcouru, avec son équipage de 1.920 hommes, l'équivalent de 48 fois le tour du globe. Ses dernières missions opérationnelles ont eu lieu dans l'Adriatique au large de la Yougoslavie, entre 1993 et 1996 et dans la région du Golfe à l'été 1990. Il a été désarmé en 1997 après 35 ans de service.
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