© INTERNEUne controverse est apparue en fin de semaine à Saint-Nazaire sur la résistance de la passerelle d'accès au Queen Mary 2, équipement dont la chute, le 15 novembre, a causé la mort de 15 personnes et en a blessé 28 autres. Selon un article du quotidien Libération vendredi, la structure qui s'est effondrée sur le côté du paquebot géant ne pouvait supporter qu'un poids de 150 kilos par mètre carré, soit une capacité totale de résistance d'environ 2,1 tonnes. une valeur très insuffisante au regard du poids supporté au moment du drame : le poids cumulé des 48 personnes présentes au moment de l'accident peut être évalué entre 3,2 et 3,6 tonnes.
Une source professionnelle s'exprimant sous couvert de l'anonymat a donné les mêmes indications à l'AFP. Le cahier des charges initial de la passerelle prévoyait une résistance de 250 kg/m2. Or l'équipement, jugé insuffisamment large, a été changé ou modifié la veille du drame. La source contactée par l'AFP affirme que les Chantiers de l'Atlantique (Alstom Marine) auraient "signé un devis" à cette occasion mentionnant la nouvelle valeur de résistance de 150 kg/m2. "Nous n'avons pas d'éléments nouveaux à communiquer", a déclaré le bureau du procureur de Saint-Nazaire, Pierre-Marie Block.
Interrogations
Le magistrat avait mentionné en début de semaine des "facteurs techniques" à l'origine du drame. Quelques-uns "paraissaient plus évidents", avait-il précisé, en particulier "le rapport entre le poids supporté et la résistance" de la passerelle. Le magistrat avait néanmoins mis en garde contre des conclusions hâtives : "pas mal d'éléments", soulignait-il, ont pu se combiner le 15 novembre à cette valeur théorique pour déterminer la résistance réelle de la passerelle. M. Block avait formulé quelques interrogations : "Le cahier des charges des Chantiers a-t-il été respecté par le sous-traitant ? Quel a été le mouvement des personnes sur la passerelle avant le choc ? Enfin, le montage, vendredi soir, a-t-il été fait dans les règles de l'art, ou bien certains éléments participant à la rigidité de l'ensemble ont-ils pu être omis ?" Il concluait par la nécessité d'attendre les rapports des experts.
Le parquet de Saint-Nazaire a ouvert dimanche une information judiciaire pour "homicides et blessures involontaires" après l'accident. Les victimes ont chuté d'une dizaine de mètres et sont tombées sur le sol en béton de la cale sèche où le paquebot est en chantier.
Photo AFP : Saint-Nazaire, le 16 novembre : des enquêteurs inspectent la passerelle effondrée la veille.
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