© INTERNEIls sont ministres, fonctionnaires, personnels de l'éducation nationale, religieux, syndicalistes, militants associatifs… Au total, durant plusieurs mois, près de 70 personnes sont venues témoigner de leur expérience de la laïcité devant les vingt membres de la commission présidée par Bernard Stasi qui a remis, jeudi à 9h00, son rapport à Jacques Chirac. La cérémonie s'est déroulée dans le Salon Murat, où se tient tous les mercredis le Conseil des ministres. Son contenu sera révélé en fin de matinée.
Le chef de l'Etat rendra publique sa position le 17 décembre lors d'un discours à l'Elysée. Après avoir rendu "hommage à la qualité exceptionnelle des travaux qui ont été conduits et qui ont débouché sur des propositions quasiment unanimes", Jacques Chirac a déclaré : "Ce qui me guidera dans ma position, c'est le respect des principes républicains et l'exigence de l'unité nationale et du rassemblement des Français". Chaque Français doit "pouvoir vivre avec l'égalité des chances et ceci quels que soient son origine, sa religion ou son sexe", a-t-il dit.
Promouvoir l'égalité homme-femme
En pleine polémique sur le voile à l'école et face aux montées du communautarisme, le travail des "vingt Sages" est très attendu. En dépit de l'extrême diversité idéologique de ses membres, il semble que la commission Stasi se soit ralliée à une solution législative pour tenter de mettre un terme aux différentes affaires qui ont perturbé la vie de plusieurs établissements scolaires de l'Hexagone. Les auditions des chefs d'établissements, lassés de devoir gérer les situations locales au gré des circonstances, auraient achevé de convaincre les "Sages" de la nécessité de légiférer.
Est-il opportun de recourir à la loi pour régler un problème qui ne concerne que quelques milliers d'élèves ? Les Eglises chrétiennes, ainsi que le Conseil français du culte musulman et le consistoire israélite sont fermement opposés à une loi. Intervient également le souci de ne pas heurter les sensibilités religieuses. Mais là encore, les intervenants devant la commission, comme les témoignages de femmes (l'écrivain d'origine iranienne Chadhort Djavann, ou Fadela Amara de "Ni putes ni soumises") ont présenté le voile comme un instrument de discrimination sexiste plus que comme un signe religieux. C'est sur ce point que la commission Stasi souhaite insister : au-delà du problème du foulard, c'est l'égalité homme-femme qui devrait être mise en avant jeudi matin.
La remise du rapport pourrait donc être l'occasion de donner un nouveau souffle au pacte républicain. Et de présenter un visage peu réjouissant de l'état de la laïcité en France, avec les témoignages accablants des infirmières ou d'un directeur de prison.
Photo : Bernard Stasi, le président de la commission sur la laïcité.
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