Perben : "éclaircir" pour apaiser

Par Philippe MATHON, le 02 décembre 2003 à 17h26 , mis à jour le 02 décembre 2003 à 17h59

Le cabinet du garde des Sceaux multiplie les consultations dans le but d' "éclaircir" le très contesté amendement Garraud. Le ministre exclue toute remise en cause de l'IVG.

perben assemblée nationale 02122003 IIG © INTERNE

Après l'émoi provoqué par le vote, jeudi 27 novembre, d'un amendement créant un délit d'interruption involontaire de grossesse (IIG), le ministre de la Justice Dominique Perben a engagé des consultations mardi dans le but de convaincre les réticents et les farouches opposants au projet. "Le ministre entend écouter et non pas convaincre, afin de recueillir réactions et commentaires sur ce texte. L'expertise qui en sera faite permettra de revenir devant les sénateurs en janvier et de favoriser un vote en conscience", explique-t-on au cabinet du ministre.

Après certains responsables d'associations de lutte contre la violence routière, lundi, des membres de son cabinet ont reçu mardi matin les responsables du Mouvement français pour le planning familial (MFPF). En vain, semble-t-il, puisque sa présidente a demandé le "retrait complet" du texte qu'elle juge "très dangereux pour les droits des femmes" et "inutile".

"Prendre en compte la douleur d'une femme"

Quelques minutes après, lors des questions d'actualité à l'Assemblée nationale, le garde des Sceaux a repris son bleu de chauffe et réaffirmé qu'il n'était "absolument pas" question de revenir sur le droit à l'avortement. "Ce texte en lui même ne remet absolument pas en cause le droit des femmes à l'interruption volontaire de grossesse, il faut que les choses soient claires", a-t-il insisté. "J'ai pris l'initiative de demander à mes collaborateurs de rencontrer toutes celles et tous ceux qui veulent s'exprimer sur cette question, quel que soit leur point de vue. Je pense que c'est en fonction de ce débat parfaitement digne, à la suite de ce travail d'éclaircissement et de réflexion, qu'il appartiendra au ministre que je suis de donner son avis lors de la discussion au Sénat" ", a déclaré Dominique Perben.

Sans vouloir préjuger de l'avenir du texte, le ministre a tout de même semblé lui apporter un soutien implicite en considérant qu'il s'agissait de "prendre en compte la douleur d'une femme dont la grossesse est interrompue malgré sa volonté".

L'amendement présenté par le député UMP Jean-Paul Garraud a créé un délit d'interruption involontaire de grossesse "par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de sécurité ou de prudence", puni d'un an de prison et 15.000 euros d'amende. Le texte doit revenir au Sénat autour du 7 janvier. Le PCF, le PS mais aussi l'UDF et certains sénateurs de droite ont fait savoir leur "vif désaccord" face à ce texte jugé "liberticide".

Photo (LCI) : Dominique Perben, mardi 02 décembre à l'Assemblée nationale.

Par Philippe MATHON le 02 décembre 2003 à 17:26
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